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Jeudi 8 juin 2006
Voici un extrait de la saga de l'été à laquelle vous avez échappé. Dans "Sainte-Radegonde et le Gland Magique" (Les Oyats, 2003), tout se passe dans la Forêt Enchantée, à une époque lointaine et oubliée. Le roi Réginar d'Eléborance va fêter son anniversaire. Comme chaque année, il est invité par son voisin, le roi Flaive de Casteigne, pour goûter et jouer aux dés. Mais Réginar perd à chaque fois et il se fait plumer. Le royaume d'Eléborance s'endette, il se ruine peu à peu... Pour tout arranger, sa reine, Radegonde, lui fait croire qu'il est cocu, afin de le booster un p'tit peu. Le comte de Bosc veut le lui faire croire aussi. Mais lui veut provoquer une guerre avec la Casteigne, guerre à laquelle l'Eléborance n'est pas prête. Ce qu'il veut, c'est la couronne... Après la bataille, il ne restera à la douce et idiote Radegonde que deux amis : un gland de chêne magique et vulgaire et la fée du sous-bois Sadomazzo... ("Levons ensemble, Mesdames, le poing comme pour faire un fist, Et invoquons la Dame de la Fange qui porte sur le menton un gros kyste !").

 

(dans la scène II de l'acte I)

 

REGINAR (il se penche brusquement sur elle, elle sourit toujours)

J'ai reçu de très bonnnes nouvelles du Chevalier de Cailleuse,

Il est revenu ce matin de sa campagne, notre cher petit sire !

 

RADEGONDE (radieuse et moqueuse)

Aurais-je des raisons particulières de m'en réjouir ?

 

REGINAR (furieux)

Foutre-belette ! Tout le monde est supposé savoir qu'avec lui vous nouez une intrigue !

Quelle aide m'apportez vous dans cette tourmente dans laquelle le royaume navigue ?!

Ah, le beau galant que voilà ! Un pantin enrubanné, une sauterelle bêlante !

Un mien chevalier plus soucieux de ses toilettes aux couleurs pétantes !

 

Un fade poète emperlouzé, plus bagué qu'une truite ou un pigeon,

Qui rampe dans mes pas obséquieusement, à m'en faire dégueuler mon litron !

Vous vous êtes entichée de ce bellâtre qu'on ne voit jamais l'épée au côté !

Comment peut-on se détourner à ce point de la virile royauté ?

 

RADEGONDE

J'entretiens avec le sire de Cailleuse, il est vrai, de fort belles relations,

Il est d'un naturel honnête,  affable et vit au chant des bois qui sont sa passion.

Je découvre en sa compagnie des joies simples et diététiques

Et en dire autre chose serait oeuvre de mauvaises langues sataniques...

 

REGINAR

Je ne peux couper la langue de tous mes sujets !

Tout le pays sait bien de quoi je vous parlais !

 

RADEGONDE

Cessez donc de faire peur à ce lapin que je viens d'acheter au marché !

Je ne voudrais pas qu'il claque d'un infarctus, au prix qu'il m'a coûté !

 

REGINAR

Vous opposez à mon juste courroux ce rongeur à quattre pattes

Avec une insouciance de nos ressources qui m'épate !

 

RADEGONDE (fermement)

De vos égarements, Sire, nous payons à deux les dommages.

Et nos bêtes ont trop attendu de perdre leur pucelage.

Alors, sauf si un miracle pour nos prochains repas se dessine,

Souffrez, Votre Majesté, que je porte ce mâle aux lapines !

 

Dites-moi plutôt ce qui est arrivé à ma commode de palissandre,

A mes tapisseries de licornes et à mon Baccarat vert tendre...

 

REGINAR

Il a fallu... Ma Reine, éponger les arriérés de mon dernier anniversaire.

Ces articles, plutôt moches somme toute, ont franchi la frontière...

 

RADEGONDE

Et pourquoi les voûtes de la galerie qui donne sur nos appartements

Sont-elles murées derrière les portes aux dérisoires battants ?

 

REGINAR

J'ai pu tirer un profit raisonnable d'une modeste surface du château,

Rachetée ce matin par notre cousin et voisin le Prince de Soufflopipo.

 

RADEGONDE

Vous vendîtes notre chambre et sa suite ?...

 

REGINAR

Et toute l'aile nord avec ses termites... Oui-oui.

 

RADEGONDE (elle hurle)

Je crois vraiment que nous avons touché le fond et j'enrage !

Le vrai déshonneur est celui qu'on m'impose dans votre naufrage !

Quel fol espoir ai-je eu que vous m'auriez donné d'une once de bravoure un aperçu,

Alors que dans toutes les collines, vous ne laisserez que la trace d'un trou du cul !

 

REGINAR

Ah, vous laissez votre haine vous emporter, Ma Reine, Ma Douce !

Et je vois bien que pour vous apaiser, il faut céans, faute de mieux, que je glousse !

Gloups, gloups, gloups...

 

RADEGONDE

Ah ! Vous fuyez encore, triste mari sans arguments !

Qui veut faire scandale de la petite chose qui s'appelle amant...

 

REGINAR

Vous ne pouvez paraître au bras de cette demie gonzesse !

Et ce m'est une torture d'imaginer la place qu'il tient dans vos fesses !

 

RADEGONDE

Vous êtes bien empressé à vouloir me prendre en défaut

Sur l'usage que je fais de cet extrait de ma personne que la légende affirme beau !

Mais que vous ne cherchâtes guère, ces derniers temps,

A couvrir d'attentions, comme dans les anciens moments,

Quand au bas de vos lettres par votre mère dictées,

Vous dessiniez pour moi ces petites paires de fesses...

 

REGINAR

C'étaient des coeurs, ne vous en déplaise, injuste effrontée !

Mais en dessin, j'ai toujours été nul, je le confesse...

Il n'est point de vrai fils de roi, viril et brave,

Qui peut, de ces arts stupides, se permettre l'entrave !

Il n'est valable pour apprendre à bien gouverner

Que de savoir mentir, guerroyer et à bon escient niquer !

 

RADEGONDE

Et voilà le beau résultat de votre aveuglement dépassé

Qu'aujourd'hui, même nos latrines sont en pays étranger !

 

REGINAR

Le notaire m'a assuré, selon l'expertise qu'il a faite,

Que cette partie du château est la plus cotée à l'argus...

 

RADEGONDE

Ce notaire est de connivence avec Flaive, pour qui il traite !

Il profite de nos urgences et vous l'avez dans l'anus !

Et le peuple se rit de nous avec tant de distorsion que la glotte se voit,

Car vos actes disent bien qu'au pied du mur, vous n'êtes pas roi !

...mur... pas roi... Hi, hi, hi...

 

REGINAR

Foutre-belette ! Vous me harcelez jusque dans vos rimes, odieuse plaintive !

...Vas-y, démerde-toi avec celle-là...

 

RADEGONDE

Employez donc votre ire aux soins du royaume pour qu'il vive !

Je préfère, avant que les mots n'enflent sous les passions et l'énervement,

Quitter cette pièce avec ce lapin au regard innocent...

 

REGINAR

Ne me parlez plus de ce lapin ! Il est tout blanc, poilu et il a le regard con !

Sortez, Madame, ou j'en fais céans l'invité vedette de notre court-bouillon !

Je hais, qu'on se le dise, les lapins, je les hais dans toutes les dimensions

Que la haine peut prendre quand... On ne sait pas meubler une conversation...

 

RADEGONDE

Je sors.

 

REGINAR

C'êêêêê ça. Sors.

Ah ! Voilà le comte de Bosc, mon conseiller le plus habile !

Venez ici, que je décharge sur vous un peu de bile !

Bosc, expliquez-moi donc le mystère de cette décoration

Que je trouve imbuvable et pleine de prétention !

 

BOSC

Votre Majesté, nos décorateurs ont fait, avec le peu d'argent dont le souci nous occupe,

Un assemblage réputé zen de voilages, de statues et de matériaux de récup'...

Ils m'ont vanté pour la salle du trône le besoin d'une atmosphère boudhiste,

Propice à la sagesse de décision, incompatible avec un pouvoir absolutiste.

Ici, ils ont installé la statue d'une vieille déesse de l'amour à la chevelure grise,

Qui est un symbole à la beauté intérieure... A c'qu'y disent...

 

REGINAR

Ah... La Déesse Askydiz... Je ne connaissais point cette divinité !

Je vais vite à la pensée de ma reine l'invoquer !

Vous savez, Comte, que la reine m'est peut-être infidèle, quelle honte !

Mes sujets se gaussent de moi, du simple barman au plus haut ponte !

 

Cette larve de Cailleuse a perverti mon amour de jeunesse,

Ils passent des journées entières dans les bois, comme dit la presse ;

Ce poète écoeurant fait faire un régime végétarien à ma femme,

Ce bougre de chevalier l'a séduite et elle se pâme !

 

BOSC

Certes, le damoiseau est poète et peu adepte de gibier et de mangeaille...

Et à vos chasses, son cheval ne se fatigue pas...

Mais, bien introduit parmi votre jeune valetaille,

Il n'a, je le sais, point craché sur ces cuissots-là...

 

REGINAR

Ah ? Vous me dites que le bougre est bougre ?...

 

BOSC

Assurément, Sire, le garçon dont nous parlons est bougre,

Plus bougre qu'il n'a été possible à ce jour d'être bougre !

Il tourne vos pages à un etelle cadence

Qu'on pourrait de ce vice caricaturer l'Eléborance !

 

Oncques ne vit plus stakhanoviste bardache

Dans la prise en main de nos tendrons pour les tuer à la tâche !

La reine, pour vous rendre jaloux et actif, s'est servie de ce ridicule maricone,

Sur lequel on taille des croupières à la Cour de Katapigone !

 

REGINAR

Ce que vous me dites est grave,

Et j'ai dans la bouche comme un goût de rave...

Ma reine ne m'a donc point trompé,

Et c'est pur sadisme que la honte qu'elle me fait porter ?...

 

BOSC

La reine, frustrée de puissance, a voulu se venger, Sire.

Elle vous a aimé jusqu'à l'arrivée du pire.

Ne vous voyant pas réagir à ses projets,

Elle semble avoir tourné ailleurs ses attraits...

 

La perfide Radegonde, Votre Majesté,

Entretient une intrigue sur un autre palier !

Elle vous méprise tant et vous dédaigne,

Que, la preuve est faite, elle se tape le roi de Casteigne !

 

REGINAR

O accablement cruel ! O infortune et déshonneur suprêmes !

Tout conspire à ma perte et je n'ai point vu ce système !

Flaive et la reine alliés contre moi attendent la clôture de leur oeuvre

Au goûter d'anniversaire préparé par la gloutonne pieuvre !

 

TRAHISON ! Le cri que vous attendiez tous éclate sous ces voûtes !

Cette infâme combinaison sera, par ma foi, mise en déroute !

Je rassemblerai tous les bras qui ne sont pas mollasses,

Il n'y aura pour le casteignan pas un recoin !

Dans chaque buisson, en toute place,

La colère des armes fixera notre destin !

Le déshonneur sera lavé, je chargerai au centre

Et du tourment de ma famille, je ferai saigner le ventre !...

 

 

Voilà... Comment ?... Juste un extrait ?... Bin oui. Le truc fait 60 pages. Là, il y en a 7... Je n'ai pas la patience de tout réécrire... Bonnes vacances !

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mardi 6 juin 2006

Un an après un week end à Etretat avec Gilles (eh oui, Gilles, Le Retour) - Daniel - 4 février 1996 - petit dialogue entre nous, les deux seuls clients, et la patronne de l'hôtel, à Fécamp :

- ...Vous préférerez peut-être deux lits jumeaux...

- Non, le grand lit, c'est parfait !

- Bien........................

Le lendemain, au petit déjeuner, elle nous accueille avec un énorme sourire :

- Bonjour !!! Vous avez bien dormi ???

 

Ce gars-là sur les galets

 

Les brumes de la Manche baignent comme une torpeur

Les traits flous du rivage

Une averse de grêle, à son heure

Fait bruisser la plage 

 

Ce sont les bons galets d'Etretat

Le dur gala des falaises

Le sourd grelot des cailloux

Qui s'émoussent en boules lisses et sensuelles

 

De froides caresses m'enveloppent

Autant de doigts perçants

Je me love et m'enfonce

Dans cette couche cahotique

Ce bain de larmes grises du règne minéral

 

Sous les Portes, dans un creux de rochers

Gare à ne pas glisser

J'aurais dû te retenir plus fort

Sur les algues du passé

 

Remontez donc la marée nouvelle

Que ce soir, la Lune soit fidèle

Les galets me paraîtront moins froids

Si l'eau vient les laver du souvenir

 

Ton sourire sur le vert bien gras

Des valleuses fertiles

Je le vois aussi sur l'eau qui s'en va

Comme un phare sur une île

 

Ce gars-là sur les galets

Sous les murs échancrés

De champs sacrés

Chantés par des peintres du passé

Qui ont manqué l'an dernier

Une belle image !

 

Nous deux roulant sans retenue

A l'ombre de l'Aiguille d'albâtre

J'aurais voulu être nu

Pour te serrer dans ce lit glacé et dur

Plage qui pour nous fut sauvage !

 

Le vent, surtout lui, restera

Parmi les choses tendres

Tu avais le teint rose, la langue fraîche

Et les yeux brillants

 

Qu'ai-je encore en moi de cette fugue, de cet hôtel ?

Peut-être un rire desséché

L'ironie du lit à cinq pieds

Conservés sous un dépôt de sel

 

Bien sûr, ce gars-là sur les galets,

C'était vraiment quelque chose !

Mais notre union était à durée déterminée

Les amères fadaises des falaises l'ont confirmé

 

Mon doux pays cauchois s'est réveillé

Soudain, la mer grosse et sombre a méchamment moutonné

Des éboulis ont tout ébranlé entre les failles

Et je t'ai rendu à nos futures retrouvailles

 

Ce gars-là sur les galets est gardé dans mon coeur maladroit

Fixé comme une huître sur un granit froid

 

Mais heureusement, la marée nouvelle

Animée par la Lune fidèle

Fait rouler de joie les galets du souvenir

Et nous ramène sur les plages de notre délire...

 

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mardi 6 juin 2006

On peut oublier ça - Daniel - 15 janvier 1996, un an après le retour de Belfast (sur l'air de "Pour en arriver là", Dalida)

 

Les soirs de doutes sans nombre

Les jours passées qui sombrent

On peut oublier ça

Les routes qui se croisent

Sur la mer d'Iroise

On peut oublier ça

 

Les fumées suffocantes

Des cheminées d'Irlande

Les landes bien trop vertes

Au coeur pour être honnêtes

On peut oublier ça

Faut-il oublier ça ?

 

Le retour du printemps

Les voyages qu'on attend

On peut oublier ça

Des astres nous annoncent

Des espoirs d'une seconde

On peut oublier ça

 

Au fond, rien ne se dessine

Aujourd'hui, j'élimine

Ces rêves, mais demain

J'y recroirai, c'est certain

Peut-on oublier ça ?

Faut-il oublier ça ?

 

Qui peut oublier quoi ?

Des voyages sans bouger

Du vert, de l'eau, des bois

Il y en avait plus près

Il y a un an déjà

C'est déjà loin Belfast

C'est comme le temps qui past

 

On peut oublier ça

Les ruelles, les lumières

Les tristes murs de pierre

Tout ça n'existe pas

On peut oublier ça !

On peut oublier ça !...

 

Des chansons ignorées

Qu'on découvre en dernier

On peut rayer tout ça

Des rires, des mots gravés

Qu'on retrouve effacés

On peut oublier ça

 

J'ai épongé ce soir

Au fond de la mémoire

Les meilleures choses d'un jour

Bien fait pour être court

Parce qu'il est fait pour ça

On peut oublier ça... 

 

Qui veut oublier quoi ?

Des voyages sans bouger

Du vert, de l'eau, des bois

Il y en avait plus près 

Il y a un an déjà

C'est déjà loin Belfast

C'est comme le temps qui past

 

On peut oublier ça

Les ruelles, les lumières

Les cours et leurs mystères

Tout ça n'existe pas

On peut oublier ça !

Faut-il oublier ça ?

 

Il fallait continuer

Alors, le tri je l'ai fait

Des noms et des visages

Des adieux sans "dommage"

Il n'en reste plus de trace

C'est comme le temps qui past

On peut oublier ça

 

Qui veut oublier quoi ?

Des voyages sans bouger

Du vent, de l'eau, des bois

Il y en avait plus près !

 

C'est comme le temps qui past !

On peut oublier ça...

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Mardi 6 juin 2006

SCHRAFF ! - Daniel - 12 mars 1995 - un dîner un peu délirant avec Gilles et un échanges de petits mots sur la nappe en papier qui a fini en confettis.

 

Schraff ! Fait la nappe

Ce soir-là dans notre palais

Nous avons baigné dans l'ap...

...proche du soir désiré

 

Schraff ! Fait la nappe

Lorsque d'un geste tendre

Je la déchire avec un ap...

...pétit qui deviendra grand

 

Schraff ! Encore, pour un petit bout de toi

Du papier qui porte ta marque

Ton empreinte au stylo noir 

Un petit bic pour un grande claque

 

Oh, quel choc, mes amis !

Ce "Schraff !" et nos rires résonnent encore 

Les mots simples conme un "merci"

Sont bien les plus forts

 

Schraff ! Fait la nappe

Qu'il est doux ce petit bruit

Du papier blanc meurtri qui craque

Comme un feu bien nourri

 

Schraff ! Fait la nappe

Quand d'un feutre fin

Tu m'écris des pensées dont j'ap...

...précie les lents refrains

 

De faire "Schraff !" on est cap'

Toi et moi, en pleine rue, on s'en fout

J'espère une autre nappe

Et souffler dans ton fifre fou

 

Mon coeur fait "Schraff !" à la fin du repas

En prenant le dessert sous les draps

Qui portent les lignes d'un émoi

Avide d'être comblé jusqu'à la prochaine fois !

 

Schraff !

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mardi 6 juin 2006

SULLY - Daniel - 23 mai 1995 - dans le peti square de l'Ile Saint-Louis, après un contrôle de police... Au loin, de l'autre côté de la rue, un homme est à sa fenêtre. Imaginons... 

 

Ils sont revenus

Je les vois depuis ma fenêtre

Je les avais attendus

Quatre ou cinq jours peut-être

 

Aujourd'hui, il fait très beau

Ca les ramènera

Chaque jour, on les reverra

Nus et fiers, le printemps me les rendra

 

Ils sont revenus

Parmi les gens normaux 

On les devine de loin, c'est sûr

Ils ont comme une lumière sur eux

 

Que l'on remarque de chez moi

Ce parc les attirera

L'eau grise les rappellera

Même le soir, on les reverra

 

Je les attendrai là demain

Ces gars-là du bord de Seine

Je les vois, en bas, ceux qui s'aiment

Ou cherchent, sur cette plage sans galets

 

Je les attendrai là demain

Ces deux anges du quai de Seine

Comme je voudrais revenir, moi l"'Ancienne"

Au temps où j'aurais pu faire de même

 

Ils sont revenus

J'avais ouvert mes rideaux

Sur le feuillage vert et dru

De ce petit square plein d'oiseaux

 

Au bout des froides pierres de Saint-Louis

Dans ce coin de Paris

Chaque jour, je suis là

Leurs délices font ma joie

 

Ils sont assis sur un banc

On devine des frôlements

Ils ont l'air à ce point seuls

Que c'en est merveilleux

 

Et moi, je les cherche d'en haut

Des rêves morts plein les yeux

Encore, ils s'embrassent là

Et prennent leurs libertés en bas

 

Je les attendrai la demain

Ces gars-là du bord de Seine

Je les vois, en bas, les mêmes

Sur cette plage sans galets

 

Et depuis mon balcon de fer

Je réchauffe mon hiver.

Par daniel - Publié dans : oyats
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Dimanche 28 mai 2006

J'efface, j'efface, j'efface - (mercredi 24 mai 2006 - Daniel - d'après "Never, never, never", de Shirley Bassey. Quand j'ai pas le moral, j'écoute des chanteuses à grosse voix)

 

J'ai effacé ton numéro

Pour ne plus avoir à le chercher

En mémoire

J'ai coupé notre lien de mots

De ton nom, l'écran s'est vidé

Il n'y a plus rien à voir

 

Depuis, j'ai changé de héros

On pourrait dire "dommage, dommage"

Si on y croit

J'oublierai mieux ce qui est beau

De nos pauvres rêves de partage

C'était le bon choix

 

Au long des longues, trop longues solitudes

On prend de bien mauvaises habitudes

 

Il fallait faire ce point final

Alors oui, j'efface, j'efface, j'efface ce qui encore me fait du mal

 

Prends soin de toi, je te surveille

Un jour, tu trouveras ton or

Où est-il ?

On aurait pu croire à des merveilles

Je ne pouvais creuser seul...

pfff...

 

Oh, et puis non, j'ai pas envie de la faire celle-là !... C'est fini, c'est fini, quoi, on va pas en faire une thèse ! Est-ce que ça avait vraiment commencé, d'ailleurs ? Hein ?... Allez. Salut et bonne route !

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Dimanche 28 mai 2006

GANG BANG (vendredi 26 mai 2006 - Daniel - d'après Sheila... Alors, là, je crois que je vais pas bien du tout !...)

 

Depuis que je suis seul le soir

Je sors beaucoup pour les revoir

Les faux amis de quelques heures

Dans les caves de mes torpeurs

 

Gang bang

Je vais peupler mon désert

Gang bang

De délires qui ne coûtent pas cher

Gang bang

Sur le moment, oui, ça soulage

Gang bang

Mais il ne reste pas un visage

 

Quand parfois j'ai le mors aux dents

Je sais quand même rester prudent 

"L'amour, ce n'est pas dans les bars"

Comme disait Gilles, une belle histoire

 

Gang bang

J'oublie mes pages et leurs ratures

Gang bang

Je survole bas, sous la ceinture

Gang bang

Les rêves s'estompent, la sève qui monte

Gang bang

Mais pas un navire où l'on apponte

 

"Qu'est-ce que tu vas faire ce soir ?"

"On va se mettre un coup à boire ?"

Et puis c'est un autre qui se présente

Le plaisir n'est plus dans l'attente

 

Gang bang

C'est simple et pas de mystères

Gang bang

Il me suffira de trois bières

Gang bang

Et quand je rentrerai chez moi

Gang bang

J'aurai... Au moins gagné ça...

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Mercredi 17 mai 2006

Le printemps revient, alors, c'est aussi le Retour dans la Forêt Enchantée - d'après un extrait de "Sainte-Radegonde et la diligence de Cergy-Pontoise", Les Oyats 2003 - Daniel.

 

J'irai courir dans l'épaisseur de cette nature

Préservée jusqu'à ce jour des promotteurs à la dent dure ;

Je saluerai la discrète fontaine qui pleure en silence,

Celle de Sainte-Radegonde, paisible dans les saisons qui dansent.

 

Et nous voilà transportés en ces jours qui nous regardent,

Où les chevaux sont de fer et pétaradent

Sur des routes lisses balisées de villes gourmandes

Qui encerclent la forêt d'une bétonneuse bande.

 

Les antiques terres de Casteigne et d'Eléborance

Sont aujourd'hui sillonnées de larges allées en tous sens ;

Les collines sont envahies par mille centaures à roulettes,

Mille moutards hurleurs et encore mille mémères en survêt'...

 

Et on dit même que cerains buissons stratégiques

Abritent des loisirs mâles et lubriques !

Mais je ne vous apprends rien là dessus,

En particulier vous deux, là, qu'hier en action j'ai vus...

 

J'irai retrouver les traces en ces nouvelles heures

De l'Homme des bois, celui qui ne sera pas un imposteur ; 

Des histoires débuteront sur des images poétiques, rosies d'espoirs de liberté

Et sur la renaissance d'un monde que nous vous supplions de ne point déranger...

Par daniel - Publié dans : oyats
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Vendredi 12 mai 2006

Api beurzdê toumi - Daniel - un peu de soul-jazz, chanté par Billie Holiday, la magnifique ! - vendredi 12 mai 2006

 

Api...

Api beurzdê toumi, maille frainnd

Oh api dêz eugaine

Dissiz eun importante dê

Faure continiou maille liteule ouais

 

Oh api...

Api laillephe ande goude leuque

Maille dareligne, laittemi feuque...

Aillav sède touilloux aillad nide

iour praizenss inntou maille drims

 

Oh maille f... fr... ftzrr... fzeurti-séveun, iou guette euouais

Ande ouelkom tou zeu dix-huit mai

Hitsseu vairie goude niou hyères

Dèriz somssigne niou inndi air

 

êêê...

 

Oh... Api...

Api beurzdê... Ha ! Ha !... Yeah... Toumi

Mêbi euniou laillepheu fourmi

Aille donte fil seau olde, hitssnote arde

Aille fil ioungue ande go phorouarde

 

Ooooh... A-a-a-piii...

Sanquiou faure disse marvelousse guifft

Aulle diz boïz har seau prouetti

Aille quante rili mec eu tchoïsse bite-ouine

Aulle diz plaijeurz aillav sine

 

Seau mainie taïm avloste bifaure

Baille zeu goude ouane louquigne faure

Aulle zate borigne passt av spaintt !

Aulle diz ouichise aillav maide !...

 

Ooooh... Goude !...

Oua-atss niou ?

Aille av eu niou hyères ine maure, toudê

Hitssnote eu drama, aille go euouais

Sanquiou faure disse niou dê

Api beurzdê...

 

Ooooh... A-a-a-piii...

 

Voilà. Sanquiou vairie meutche, euh, aille feuq... Non, aille loviou et... Euh... Oui... Il faut que je vous avoue quelque chose... J'ai de plus en plus de mal à apprendre mes textes. Ce qui est terrible !!... Pour un chanteur à textes !... En fait, j'ai fait "allemand" en première langue, et donc, comprenne qui pourra. Et donc, j'aurai 38 ans le 18 mai, voilà. Api beurzdê toumi. Bizzz 

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Jeudi 11 mai 2006

IMMER DA - Daniel - 10 mai 2006

 

Mein Herr, si là vous m'attendiez

Veuillez agréer mon retard

J'étais très fort occupé

A combattre des idées noires

 

Si vous m'avez là attendu

Sachez que je n'ai pas trouvé

La force d'aller vers l'inconnu

Ou bien d'aimer l'idée d'aimer

 

Je garde des images d'eau claire

Et de ces collines couronnées

De belles forêts de pins en hiver

Et de ce Gasthaus isolé

 

Mein Herr, si là vous m'attendiez

Sachez que je ne viendrai pas

Vous aviez de trop belles idées

Mais dans le coeur vous serez immer da

 

Cologne, si je m'y attendais

Ce nom m'est une joie, un parfum

Vous auriez pu être plus près

Mein Herr, j'ai aimé vos refrains

 

Même si je n'ai pas tout compris

Alors, je vous le dis en français

Je ne serai pas là aujourd'hui

C'est vorbei sans avoir commencé

 

Je ne serai pas là aujourd'hui

Mein Herr, si là vous m'attendiez.

Par daniel - Publié dans : oyats
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