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Mercredi 5 avril 2006

J'AI DU TAITTINGERE SUR L'ETAGERE

 

(Petite chanson réaliste parisienne. Pour Jonathan, un jeune réunionais ufologue, qui fut le serveur le plus maladroit de la Rive Droite... - Daniel - 7 janvier 2005)

 

On m'appelle et j'accours vers les dames

Je rougis plus vite que toutes les flammes

Si j'suis déçu d'Bobonne

Je râle et je pochetronne

Dieu merci, j'ai du Taittingère sur l'étagère

 

Le v'là ! Le v'là ! Le v'là !

 

On m'appelle et je tire douze demis

Les espressos se pressent et le bar fuit

Mais je contrôle les choses

Même si les verres explosent

Quand j'décapsule le Taittingère de l'étagère

 

Et vlan ! Et vlan ! Et vlan !

 

Ne me croyez pas fou

Ou qu'il me manque des bouts

Moi je vous dis comme Dalida

Que "je suis comme ça", ou... Quelque chose comme ça

 

N'enlevez pas sans raison

Au gars des îles les illusions

Ou j'me défoule sur l'Taittingère

Et ça va encore me faire des misères...

 

J'ai la tête toute remplie d'OVNI

Dans mes mains, les frites reprennent vie

Elles vous sautent au visage

A chacun d'mes passages

Et le Taittingère danse sur l'étagère !

 

Je débarque de la Planète des Songes

Pour vous servir, la Star du Bac à Plonge

J'veux d'la sueur et d'la peine

Et mes amis me comprennent

Si j'répands l'Taittingère sur l'étagère

 

J'essuie ! Je pense, donc, j'essuie !

 

Je prépare des crêpes comme un roi

Pour des russes, des belges et des chinois

Mais sur la pâte qui cuit

Je rêve de l'Australie

Et que j'y gère des étagères de Taittingère

 

En v'là ! En v'là ! En v'là !

 

Garez-vous et comptez vos abattis

Me v'là, je viens conquérir Pâââris

Et toute la ville s'étonne

Quand j'en fais des tonnes

Moi, les paillettes et les bulles, j'les ai dans la tête !  

 

Regardez mon bar, comme il est beau !

J'vois dans les mirettes du populo

Comme une sorte de frayeur

Quand je pousse cette clameur :

"Madame, y a plus d'Taittingère sur l'é-ta-GERE !!"

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mercredi 5 avril 2006

MOULAGES DE TOI

 

(29 novembre 2000 - les carrières souterraines m'ont inspiré...)

 

Sur mon temps qui s'est évadé

'Cause de toi

L'endurance pour rien gaspillée

Qui fait froid

 

Sur mes songes dont je vais lécher

Les blessures

Sur tes lèvres qui peuvent bien sécher

Je le jure

 

Dans

 

Mon underground... Scandaleux

Sans la lumière... Je t'oublierai mieux

Mon underground... Scandaleux

J'y façonnerai... Le dégoût de nous deux

 

Il n'y aura plus de nos joies  

Juste cette glace

Tu aurais dû mieux faire le choix

De ta place

 

Nous avons laissé se faner

Le décor

Mais quelle raison pour tant filer

Ai-je encore ?

 

J'ai

 

Mon underground... Scandaleux

C'est toi et c'est moi, notre échec, nous ensemble

Mon underground... Scandaleux

Sous les pavés, je fuis ce qui me ressemble

 

Mon underground... Scandaleux

Sur les parois... Je te moulerai mieux

Mon underground... Scandaleux

J'y façonnerai... Le dépit de mes yeux

 

Mon underground... Scandaleux

Sans la lumière... Je t'oublierai mieux

Mon underground... Scandaleux

J'y façonnerai... Le dégoût de nous deux.

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mercredi 5 avril 2006

J'IRAS A PARIS

 

(Chanson de Pierrette l'Extra-terrestre, nouvelle revue du Moulin Rouge, "Etoile !", le 7 avril 2048. A peu près sur l'air de "Viva Paradis", revue du Paradis Latin. Pour Julien et Marc, qui l'ont chantée un soir de pique-nique dans la plus belle de nos clairières. Daniel - 14 janvier 2005)

 

Et si ce n'était qu'un rêve ?...

Cette lumière d'or qui m'enlève

L'air est si rose ce matin

Et les ours chantent de doux refrains

 

Je suis une fille de l'étable

Sur ma planète au nom imprononçable

Je n'suis qu'une paysanne ici

Mais je vais découvrir... Paris ! Paris !!

 

Je dis adieu

Et je sèche mes trois yeux

Et vogue la soucoupe

Faut pas que j'la loupe

J'iras ! J'iras à Paris !

 

Longue est la route

Et il me vient comme un doute

Mais je garde l'espoir

D'éviter les trous noirs

J'iras ! J'iras à Paris !

 

Je suis vorace

J'vais me faire tous les palaces !

C'est une vie nouvelle !

Au-delà du réel !

J'iras, j'iras à Paris !!

 

Ouvez le ciel

Décapsulez l'hydromel

Pour l'Alien aliénée

Amoureuse des nuées

J'iras ! J'iras à Paris !

 

Sonnez l'alarme

Et rendez-moi toutes vos armes

Où je vous désintègre

D'un sourire espiègle

J'iras ! J'iras à Paris !

 

J'embrasse la vie

Je serre les gars de Paris !

Dans mes tentacules !

Et les soucis reculent !

J'iras, j'iras à Paris !!

 

Paris d'en haut

Dans l'ombre de mon vaisseau

C'est comme une galaxie

Un instant d'infini

J'iras ! J'iras à Paris !

 

La nuit qui tombe

Les hommes et leur petite trompe

M'étonnent et me ravissent

Que les joies s'accomplissent

J'iras ! J'iras à Paris !

 

Paris que j'aime

Pigalle et le Dix-neuvième !

Ouvrez-moi la ville !

Que je m'y faufile !

Je resterai à Paris !!

 

Ouvrez-moi la ville !

Que je m'y faufiiiile...

J'iras, j'iras à Pa-riiiis !!

 

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mercredi 5 avril 2006

MORSURES

 

(5 mars 1995 - Petit exercice de sensualité avec Gilles au cinéma. Sur l'écran : Florent Pagny dans un lavomatic)

 

Oui, j'ai le mors aux dents

Pour retenir un moment

Ces mots faciles qui attendent

Trop tendres pour se vendre

 

J'aime avoir tant faim

De ton corps, de tes mains

J'aime ce petit goût d'enfin

Et toi qui mords si bien

 

Oui, j'ai le mors aux dents

Et des visions devant l'écran

De visages pâles découpés

En profils lointains, non concernés

 

En projection... Très privée

Ton sourire avait illuminé

Le velours sordide des sièges usés

Etalés comme un écran blasé

 

J'y lisais trop bien

J'y libérais enfin

Une faim tant désirée

Une dimension recherchée

 

Car j'avais tant faim

De pouvoir braver enfin 

La ville, les gens, les Autres

Cette salle sera nôtre

 

Car j'avais trop faim

De dépasser mes airs incertains

Faim de me retrouver avec toi

Et de ton talent à faire le chat !

 

Oui, j'ai le mors aux dents

Avec ce film... Surprenant

"Tom est tout seul", en somme

Mais seul est tout homme

 

Oui, j'ai le mors aux dents

J'avais avant toi le vide en dedans

Triste, devenu incroyant

La rencontre du Cygne imposant

Et de l'Opossum, impossible ?

 

Et pourtant, Nous sommes partis pour cette aventure

La peau marquée de nos morsures

Puis, heureux, je vis se libérer

En hiver, ce gars-là sur les galets   

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mercredi 5 avril 2006

LE TEMPS QUI PAST

(souvenir d'Irlande et de Claude, 16 février 1995 - Daniel)

 

A quoi bon verser trop de larmes

Sur le temps qui past

Ne jamais l'oublier, sans drames

Il distraira le coeur et l'âme

Pas besoin qu'il soit là en vrai

Seulement en ruminer le réchauffé

A Paris, en forêt, à Belfast

Il nous écrasera de bon coeur

Le temps qui past, le temps qui past...

 

Il est passé, croyez cette harangue

Alors que tout semblait mourir

Faner en silence, se ternir

Un fait étrange

 

Il s'est produit, contre toute attente

La douce occasion d'un heureux partage

Pour rendre moins fades des images

Un drôle d'ange, un drôle d'ange

 

J'ai des visions des rues de Belfast

En courant derrière le temps qui past

Et, revenant sur des jours morts

J'essaie de les vivre encore

 

J'ai des visions attristées

Des quais, des briques rouges de Belfast

De maisons semblables face à face

Un soir humide d'Ormeaux Street

Sous la neige, à Lisburn Road, un porche qui luit

Dans la nuit du temps bien passé

 

"Past", ça veut dire "passé", il passe et nous terrasse

C'est fou ce temps qui past

Or, depuis que tu as parlé

Et écrit, le temps s'est comme arrêté

Et je t'ai mieux regardé, Passé

 

Depuis qu'est né en février

Mes hivers sont devenus froids

Sur les vieilles joies, les plaisirs bien lisses

Une épice nouvelle s'immisce

Et dans les choses du temps qui past

Toujours, dans mes rêves, je t'embrast...

 

(il va falloir que j'arrête de faire des chansons peuplées d'ange à tous les étages ! Ce n'est plus le Paradis, c'est une volière...)

Par daniel - Publié dans : oyats
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Samedi 1 avril 2006

LE BISOU DE LA MORT - Par Daniel - Episode 1

 

Résumé : En Casteigne, 30 ans après la disparition de Radegonde, un ménestrel à la belle petite gueule d'ange parcourt la forêt et envoûte les foules. Une biche folle, amoureuse de lui, tue les femmes qui veulent le séduire, bien qu'il soit pédé comme au moins deux phoques et demi. Un jeune éditeur homo de parchemins érotiques, Rumonaque, militant passif à la MBA (Méchantes Blattes Académy), est chargé de l'enquête par son seigneur de père, qui a fort honte de lui et veut encore en faire un homme...

 

Bonjour à tous, mes chers petits amis !

Oyez, oyez cette aventure qui commence ici !

 

Nous voilà revenus devant cette roue du temps qui fuit

Et qui nous autorise certaines magies.

 

Je m'en vas vous conter l'étrange fait divers

Qui secoua jadis le royaume fier,

La riche Casteigne, orpheline depuis un an

De Flaive, son roi le plus puissant.

 

Les temps avaient fort vite changé en Casteigne

Et la bride tomba d'elle-même à la fin du règne.

Les fantasmes et les passions longtemps réfreinés

Se libérèrent après avoir été tenus au secret.

 

La société évolua dans ce qu'elle avait de plus gluant et permissif ;

Les actes les plus simples de la vie ne s'admettaient que jouissifs ;

A l'heure où l'ordre laissait la place aux désirs,

Les arts connurent un flamboyant devenir .

 

Partout, on riait et chantait pour célébrer

L'aube nouvelle d'un monde à réinventer.

Les troupes de saltimbanques couraient alors les bois

Dans le souci d'honorer leurs nombreux contrats.

 

Et la voûte feuillue abritait, le soir tombant,

Des festins joyeux autour des feux ronflants.

Un des artistes les plus réputés de cette époque fantasque

Etait Sodomislas, du bienheureux pays sangliaque.

 

Sa voix claire, portée par le doux frémissement de sa lyre,

Charmait les épouses qui minaudaient en rêvant au pire,

Pendant que certains maris aux sens déployés

Goûtaient fort le vacillement de leur virilité.

 

Les filles flattaient avec audace les vieux nobles esseulés,

L'amour fleurissait aussi entre les brebis et leurs bergers,

Et les tendres éphèbes, par l'éclat de Phoebé caressés,

S'éclipsaient sous les remparts avec les hallebardiers...

 

Ces jours sans nuages foisonnaient de vie

Et plus vivantes encore étaient les nuits ;

La Casteigne et l'Eléborance s'étaient réconciliées dans l'Amour

Et ses différentes natures, tout cela semblait sans retour.

 

Quel heureux temps, voué aux plaisirs et aux chansons,

Où les hommes se donnaient la main au lieu de se filer des gnons !

 

Il arriva un jour que notre baladin se produisit dans un village de Casteigne

Et toute vie s'interrompit au profit du spectacle longtemps annoncé,

Dans cette vallée sombre que parfois un soleil courageux baigne,

Sans vraiment apporter de joie et de chaleur à la communauté.

 

Le jeune prodige chanta donc pour cette populace laborieuse, avide de répit,

A l'instigation du seigneur local, amoureux de tout ce qui était à la mode et dernier cri.

Après un banquet assez peu somptueux à cause de la gêne qui imprégnait ce lieu,

Le poète entama son récital et comme toujours, jamais il n'avait fait mieux !

 

Sa voix étrange, pourtant audible par toute l'assemblée médusée,

Semblait venir du fond des Temps les plus oniriques et oubliés.

Pas une femme n'était épargnée par le ravissement qui unissait bourgeoise, veuve et pute,

Et de même, jusqu'au plus délicat minet qui, dans l'intimité, couine en ut. 

 

Les dames émues jusques aux larmes barbouillaient leurs dentelles de morve,

Pendant que les maris considéraient le chanteur d'un oeil torve ;

Tant de beauté et de talent absolus lui apportaient une notoriété glorieuse,

Mais ils réveillaient chez certains les violences intérieures les plus envieuses...

 

En retrait de ce public rêveur et conquis, sous l'abri des frondaisons vertes,

Deux yeux de biche, ornés de longs cils, pleuraient d'une rosée discrète.

 

Quel coeur de femme eût pu être sec au point de ne pas, comme les autres,

Verser le délicat sel de la mélancolie douce, parmi cette foule d'apôtres ?

L'émotion atteignait, pour cette spectatrice, une telle force dans la plénitude,

Que plus elle était heureuse, plus elle en pleurait, cachée dans sa végétale solitude...

 

Mais dans le jour qui s'enfuit, la plus provocante des fleurs finit par se refermer.

Et le beau ménestrel s'inclina pour mendier les acclamations, après le dernier couplet.

 

Après les ovations, une meute de femmes de tous âges

Déferla sur le chanteur avec un déchaînement de passion ;

Mis à la peine au milieu de cette pression et de ce babillagen

Le coquet baladin dut s'agripper des deux mains à son pantalon.

 

Une grosse dame plus enthousiaste que les autres, drapée de velours noir,

Ecrasait de ses paluches la tête des frêles concurrentes,

Enjambait les précieuses qui roulaient au sol comme des poires,

Afin de saisir le cou du gracile garçon à la beauté envoûtante.

 

Lui qui l'avait tant ravie et distraite de son veuvage,

Ne put contrôler l'élan démesuré de cette fanatique ;

Il la reçut dans le creux de l'estomac, elle poussa un cri sauvage,

"Je t'aime !" et tous deux churent selon les lois de la mécanique.

 

A peine visible, étouffé par l'ardeur de cette dame couchée sur lui,

Sodomislas ne put qu'écarter les bras dans la boue généreuse ;

On l'entendit couiner faiblement "Merci ! Merci !"

Au milieu du tourbillon de folie furieuse.

 

Autour du fouillis, les mâles riaient en se tenant les côtes ;

A la lueur du grand feu, les ombres s'agitaient comme des diables ;

Sodomislas sortit en rampant de la mêlée provoquée par sa faute

Et courut vers sa tente, poursuivi par la bourgeoise implacable.

 

La nuit reprit ses droits et son calme, autour du logis de toile ;

Nul ne sut ce qu'il advint entre le chanteur et la veuve ;

Certaines mauvaises langues doutaient qu'il lui fasse grand mal,

Car la médisance et la jalousie ne sont pas des habitudes neuves.

 

Au matin, deux garnements envoyés faire de l'eau à la rivière

Trouvèrent la berge encombrée d'une masse confuse et humide ;

C'était là l'ultime couche de la veuve si active naguère,

Assassinée, le fard coulant sur son visage et dans l'eau limpide...

 

Un grand émoi agita la localité, le seigneur fit grand battage

De témoins et de suspicions gratuites qui auraient permis

La résolution rapide, à tout prix, de cet odieux carnage,

Et le retour à la paix de la vallée endormie.

 

Bien sûr, on interrogea, un peu rudement,

Le damoiseau chantant qui avait eu le dernier contact

Avec la victime acharnée à lui ôter ses vêtements,

Qui lui avait imposé le plus intime des pactes...

 

Sodomislas objecta qu'il n'aurait rien eu à gagner

A tuer la pauvre femme avide de la plus haute des victoires !

Et tandis qu'il parlait, on entendait dans sa bourse tinter

Les deniers sûrement laissés pour l'accomplissement du devoir.

 

Le baladin ébahi fut arrêté sur ordre du seigneur ;

Dans le village, les hommes criaient "Qu'on le pende !",

Les femmes déchiraient leurs robes dans une inconsolable douleur,

Déjà, on cherchait un arbre pour que la corde se tende.

 

Le coupable idéal était à la disposition du seigneur ;

Du moins ce dernier le croyait-il, mais on vint lui rappeler

Qu'il s'exposait, en cherchant un tel fautif extérieur,

A subir le courroux des seigneurs plus grands qui l'entouraient.

 

En effet, le magicien de la musique et des mots jouissait de protections

A travers tout le pays, grâce à ses talents déployés ;

Le roi lui-même l'avait tenu en pleurs en son giron

Et Sodomislas, avec ce prince, en Giton s'était diversifié...

 

On ne pouvait impunément imputer à l'être charmant,

Couvert par de si puissants personnages,

Un tragique et hétérosexuel débordement,

Sous peine de politiques dommages...

 

Alors, en privé, le seigneur entendit la confession

Du chanteur à la voix soudain étranglée :

"Oui, Seigneur, je ne fais rien par devant de cette façon ;

Cette femme me laissa mou ; fort déçue, en me payant elle s'en est allée ;

 

Je ne sais ce qu'il advint de cette pauvre âme ensuite ;

Je vous supplie de ne point porter préjudice à mon public

En révélant au monde quelle réalité m'habite !

On lui a fait violence, or, je suis épais comme une trique :!

 

Cette mort me cause grand tourment mais je n'y suis pour rien !

Certains soutiennent le faux car cela les arrange !

Ils craignent pour la vertu des épouses qui me tendent leurs reins,

Cela fait partie du spectacle, mais Seigneur, épargnez-moi la fange !"

 

Le seigneur médita sur le délicat dilemme ;

Il vociféra sur la déliquescence des moeurs de cette époque,

Entre la crainte d'un verdict erroné contre le faiseur de poèmes

Et celle de le voir s'attarder là en bêlant son équivoque.

 

Le seul recours était, pour contrôler la populace,

De chasser l'intrus, en faisant croire à une évasion ;

Mais il fallait aussi, avant qu'un commissaire du roi prenne place,

Mettre la main sur le vrai meurtrier qui avait semé la confusion...

 

A SUIVRE...

Par daniel - Publié dans : oyats
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Vendredi 31 mars 2006

(à peu près sur l'air de "Ta femme", de Dalida... Eh oui. Daniel, mercredi 17 mai 2000, 12h00-12h30 - Pour S...)

 

TA FLAMME

 

Il est déjà six heures et quart

Tu ne sera pas en retard

Ce jour sans toi, j'avais pour accompagner mon âme

Ta flamme ;

Tu dois toujours surveiller l'heure

Aux curiosités, répondre par des leurres

Ce soir, le soleil éclatant est éclipsé par

Ta flamme...

 

Je la regarde et j'imagine

Que les belles histoires de la vie

Devraient être commodes et faciles

Qu'as trouvé sur mon île ?

 

On croit pointer du doigt le meilleur

Et juste là, on est rejoint par l'heure

C'aurait pu être plus subtil

Mais le réel n'est pas docile !

Je pourrais dire "c'est parfait !"

Du peu que l'on peut faire se bercer

Mais hypocrite, moi, je ne pourrais jamais

Ah, tiens si ! Je viens d'y arriver...

 

Pourtant, il y a du nouveau

Après tes écrits si durs, si beaux, 

J'ai pour accompagner mon âme,

Ta flamme ;

Elle tremblotte sur mes boiseries incertaines,

La nuit, elle traverse mon petit domaine,

Je la façonne, en privé, ovale comme une larme,

Ta flamme...

 

Je la regarde et j'en recueille

Les coulées chaudes sur mon doigt placé en seuil

Des étirements de cire maléables

Et sensuels glissent sur la table !

 

J'aime le toucher et puis en jouer

Ce bien précieux que tu m'as donné

Une bougie pour te remplacer

Et te rallumer à volonté !

C'est un plaisir bien personnel !

Un égoïsme pas très rebelle !

C'est mon côté "fleur bleue", un peu mièvre !

Tout est bon à prendre quand on vit ses rêves !...

 

Je la regarde et je m'en régale

Quand vient l'heure, la cire, je l'étale

Sur ma peau et je me sens passionné

Par l'envie de mériter !...

Cette flamme...

Par daniel - Publié dans : oyats
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Vendredi 31 mars 2006

(sur l'air d'une chanson d'Aznavour, reprise par Shirley Bassey - "When i was young"-. Daniel, vendredi 29 mars 2002, 9h00-9h45)

 

INTERDIT !

 

Interdit

Au long des jours

Qui me restent ici

D'm'en aller aux longs cours

Et de chercher l'image

Qui aura des nuits bercé

Mon âme gourmande d'orages

Et de chances ignorées...

 

Interdit

De m'alourdir de cette quête,

D'aimer trop les soucis,

pour donner une illusion d'être ;

Interdit toujours,

Quand je serai jeune,

Dans le nouveau retour

De vouloir ce qu'on me donne ;

 

Inetrdit !

D'aller au-devant

Des bonheurs compliqués

Et des anges emmerdants !

Interdit enfin,

De chercher dans les brumes

Quand il va surgir, ce poing

Qui veut me tendre l'infortune...

 

Interdit

D'aimer encore,

De compter ce qu'on a joui,

D'idéaliser les corps,

Interdit de croire

Aux retours les meilleurs

Du balancier d'histoires

Alourdi de nos erreurs...

 

Interdit !

De cultiver la terre,

Les plus belles laitues

Des jardins se couvrent de vers ;

Interdit de plonger

La tête la première

Dans l'écume des marées,

Si l'on confond l'eau et la poussière !

 

Interdit !

D'attendre que la cloche sonne,

Les jours où les indices

Et les peurs tardives cautionnent

Les raisons que j'avais données

De faire attention d'aimer

Quand... Je serai jeune...

 

INTERDIT !

De faire la fête !

Et puis d'aimer rire,

Si c'est juste faire semblant d'être 

Interdit de mourir,

De verser sang et larmes,

Il vaut mieux laisser pourrir

Les fruits annoncés qui sont en panne !

 

Interdit

De laisser venir à moi

La magie des possibles,

Quand je veux rêver dans les bois ;

Interdit pour demain

Et, qui sait, les autres matins...

Et ça... On verra bien...

Par daniel - Publié dans : oyats
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Vendredi 31 mars 2006

(sur la fermeture du "Commerly" et sur l'air de "Les copains d'abord" - Daniel, mercredi 27 février 2002 - Pour Jean)

 

ON A PERDU LE NORD

 

Connaissiez-vous ce lieu magique,

Dans cette rue où l'on cherche les colchiques

En vain, si simple mais joli,

A côté d'ici ?

 

Il est entré dans la légende

Chez les survivants de la Bande

Qui errent en couinant sur chaque bord

"On a perdu le Nord !".

 

Mais où est donc passé, clament-ils,

Cette taverne trop subtile ?

Penchés sur les portulans,

Affolé, en cherchant

 

Mais bon sang la longitude

De ce Triangle des Bermudes

Qui nous aurait happé âmes et corps

Ce bon sang de Nord.

 

Mignons frustrés, fêtards embrumés,

Ils évoquent ensemble ces soirées

Où le miel de l'accordéon

Coulait des murs saumon,

 

Les cuivres et les vieux papiers,

Paisibles comme dans un grenier,

Ailleurs se foutent de notre gueule,

Le Nord est à eux-seuls !

 

Dans quel pays, Quelle dimension,

Un beau jour retrouvera-t-on

Celui qui avait fait un fanal

De ce lieu cardinal,

 

Pour les amitiés du soir

Et l'énergie du désespoir ?

Mais cette parole est d'or :

Il gardera le Nord !  

 

Par daniel - Publié dans : oyats
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Vendredi 31 mars 2006

COURIR ET RENONCER (extrait de l'album "Courir et renoncer" - ah ouais ? - Les Oyats - 3 mai 2001)

 

Quand j'aurai les deux mains

Délivrées de l'attrait du Rien,

Quand je pourrai revoir

Plus loin que les murs gris du soir,

 

Je saurai rêver en patience

Un peu comme une renaissance.

 

Quand j'aurai avancé

Sur ces ponts austères délabrés,

Quand les couleurs adorées

Avec retard auront gagné,

 

Elles auront percé le silence

Et triomphé en renaissance.

 

A l'abri des soleils blessés

C'est ma sagesse, d'ombrelles couvée,

Qui enfin doit pouvoir

Me montrer un monde sans couloirs,

 

Ceux que l'on subit par l'absence

Et qui condamnent nos renaissances.

 

Nébuleux, il est en moi

Laiteux Léthé, le latent dégât,

Si j'avais faim pour deux,

Je prierais pour une seconde vie en mieux,

 

Pâle opérette de nouvelles transes

Et l'attente d'une renaissance.

 

Courir et renoncer...

Pour briser dans mes châteaux hantés

Ces cruelles galeries de portraits

Et RIRE de ces hommages rendus puis défaits,

 

Et l'on dira peut-être de moi

Que j'aurai couru pour mon droit

Seulement... Une place dans ce monde...

 

(vaguement sur l'air d'une chanson de Véronique Sanson)

 

Par daniel - Publié dans : oyats
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