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  • : LE MONDE MINIATURE DE SASGARION
  • LE MONDE MINIATURE DE SASGARION
  • : figurines diorama monde imaginaire 1/72ème cosmos 1999 Culture
  • : Le monde miniature imaginaire de Sasgarion, qui vit depuis plus de trente ans. Tenté un moment par un diorama classique, une ville miniature au 1/87ème, je suis allé vers quelque chose de plus personnel, foisonnant, sans règles, toujours transformé et renouvelé, mais surtout moins cher ! Bon, c'est aussi, très clairement, une sorte de thérapie, de dérivatif, un moyen de survivre, sans doute. Egalement ici, les contes de la Forêt Enchantée, des chansons...
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 23:46

Chanson écrite pour Didier (oui, celui dont le sosie, Diride Pachinol, a joué dans "Celui qui écrivait dans les trous") le 15 mars 2002, alors qu'il s'apprêtait à partir en Guadeloupe pour refaire sa vie et courir derrière ses rêves. Finalement, tout va bien, il est revenu : le bonheur l'attendait en fait dans le Loir-et-Cher.

"Bonjour Didier ! Céline DION, Barbra STREISAND (oui, c'est pour toi aussi, J-F !), Shirley BASSEY, Hélène SEGARA, Lara FABIAN et Françoise HARDY (là, il faut tendre un peu l'oreille et ne pas être pressé) vont interpréter, pour toi, cette chanson. Pense à ouvrir une fenêtre, car la pression risque de faire exploser les vitres. Bonne chance, bon voyage.

BLEU (oui, bon, ça va, on a compris, c'est bleu, quoi...)

Bleu...

Du bleu, c'est ce qu'il te manquait
Le gris et l'avenir
Tu ne pouvais pas l'imaginer-é-é-é
Ou en rire...

Ceux...
Qui feront parfois semblant
De s'inquiéter de toi
N'auront rien compris vraiment
Car là-bas...

C'est le bleu...
L'eau pure, les dentelles de sable comme dans un rêve
Qui se lève

C'est ton bleu...
La vie sans peurs, les paisibles rochers doux-amers
Et pas d'hiver... è-è-èr...

Bleu...
Ramer vers la prochaine île
Le plaisir d'y croire
La liberté de dire "je file !"
Tous les soirs-a-a-ar

Bleu...
Entouré de vie marine
Les messages du temps
Tu les écoutes sans regrets d'ici-i-i-i
SOUS LE VENT !!

C'EST LE BLEU !!
LA DERNIERE ILE DU COEUR ET DE L'AME EN PEINE
UNE AUBAINE !

C'EST TON BLEU !!
LE MONDE DONT TU REVAIS EXISTE-T-IL LA-BAS
TU LE DIRAS !!


C'EST LE BLEU !!
UNE IDEE SIMPLE QUI CLAQUE AUX ALIZEES COMME UNE
FLAMME DE HUNE !!

C'EST TON BLEU !!
TON HISTOIRE NOUS DIRAS SI C'ETAIT AUTRE CHOSE
QU'UNE NEVROSE-O-O-OSE !!

C'EST TON BLEU !!
ET MOI AUSSI JE CROIS EN TOI
ET TES ESPOIRS !!

Shirley : hhhhhhhhhC'est... Oh, i beg you pardon !
Hélène : Non, vas-y, je t'en prie.
Françoise : ...et tes espoirs...
Shirley : Je n'en ferai rien ! After you...
Hélène : Mais non, mais non...
Lara : Bon, poussez-vous, les files, je passe ! C'E-E-E-E-E-EST TON BLEU-EU-EUOUAIAIAIAIAAAAAA
Céline : C'EST TON-C'EST TON-C'EST TON
Lara: Bon, elle nous fait quoi, la télégraphiste ? C'est du morse ?
Céline : C'EST TON-C'EST TON-C'EST TON BLEU-EU-EU-EU-EU
Hélène : Ta gueule ! Oh, pardon ! Je vais pleurer, mon Dieu... "Il attend la pluie..."
Barbra : C'EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE
Shirley : hhhhhhhhC'E...
Céline : Allez ! Avance !
Barbra : EEEEEEEEEEEEEEEE
Françoise : Bon, moi j'en ai marre, j'me casse...

Par daniel
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 23:17

La complainte du boeuf dans le marais du Bois-Corbon, au coeur de la Forêt Enchantée
(ça commence à me gonfler, tous ces codes)

...sur l'air de "Mamina", chanté par Dalida en 1971. On cherche dans les verts pâturages celui ou celle qui nous convient, on le trouve, puis on en cherche un autre (ça va encore respirer l'optimisme, je le sens)

chanson écrite le 12 octobre 1995 (en plus, c'est du réchauffé), pour faire rire Gilles (il est dedans, cherchez).


Il est temps, sur ce rivage,
Pour un boeuf errant le soir,
Ruminant sans trop y croire,
De rentrer du pâturage ;

Vers l'étable... Vers l'étable...

On va encore, c'est certain,
Soupirer sur les matins !
De chemins creux en fossés,
Canalisé par les haies,

Vers l'étable... Vers l'étable...


Comme l'a dit le chat de la ferme,
Hors de la basse-cour vraiment trop terne,
Je suis un boeuf, avec des cornes,
Mais à qui bon garder le museau si morne ?

Non, les bovins ne sont pas
Que des gros boeufs, ils ont parfois
Une cervelle un peu subtile
Et même quelques pensées agiles...


En route sur le chemin de boue
Je veux me coucher enfin,
Consolé par des rires mou, ou...
Un peu de Bailey's sur mon foin,

A l'étable... A l'étable...

Sur les boiseries de mes quartiers,
Je rêve malgré quelques doutes
Qu'il est bon de se réchauffer
Avec un petit feu de poutres...

De l'étable... De l'étable...


On peut faire comme mon voisin,
Le hénissant Dada qui s'en fout bien,
Brouter les prairies en pensant
(A tort ?) Que l'herbe ne dure longtemps

Je m'étais dit "plus jamais d'or,
Si je ne mérite que l'étain",
Comme une mouette changerait de port
N'importe quel troupeau m'ira bien...


Pour un boeuf errant sous la lune,
Les sabots bien plantés dans la terre
Il n'est pas de graves infortunes
Ni hélas de bien grands et beaux mystères,

et c'est...

Regrettable... Regrettable...

Par daniel
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 23:11

Par daniel
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /Avr /2008 17:39

L'Argile Oubliée - Daniel, 24 nov. 2000

 

Voilà, c'est fait, c'est décidé,

Je décide de m'enterrer ;

Mes abîmes sont bien plus beaux

Quand je les vois de moins haut

Quand je les vois de moins haut.

 

Plutôt que de me complaire

A choir, à pleurer misère,

Je préfère descendre à la pelle

Le rappel de ces joies rebelles

Le rappel de ces joies rebelles.

 

Mes amis, ne croyez pas

Que j'ai cru y croire autant

Vous disiez de cet amour-là

Qu'il ne durerait pas un an.

 

J'ignorais que ma chambre donnait

Sur des siècles qui se reposaient, et

Que les fissures de l'argile sans conscience

D'une eau plus claire pleuraient en silence

D'une eau plus claire pleuraient en silence.

 

J'ignorais que sous mon plancher

La pâle radicelle va chercher

Une once de vie en bas, très loin,

Dans les vides plus grands que les miens

Dans les vides plus grands que les miens.

 

Mes amis, ne croyez pas

Que j'ai pris le goût de la fuite

Je me trompais sur cet amour-là

Comme cette roche, il s'effrite...

 

A tout prendre et pour comprendre,

Faute que la vie me le rende,

Ce délire-là s'est envolé

Alors je vais l'enterrer

Alors, je vais m'enterrer.

 

J'ignorais que ma chambre donnait

Sur ce dédale d'argile oubliée ;

Je le sais, des lieux et des êtres

Dégagent leur propre lumière

Dégagent... Leur propre lumière...

 

(chercher "nasta" et "cataphile" et vous trouverez autre chose...)  

Par daniel
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 20:21

SOMMAIRE

 

A peu près sur l'air de "Madame", de Barbara - vendredi 8 décembre 2006

 

Je relis à l'instant mes quelques chansons tristes

D'un temps où le ciel rêvait d'être bleu ;

Je souris en songeant à mes envies d'artiste,

Aux aventures où je me rêvais en mieux ;

 

La Forêt Enchantée, seuls vous ne la trouverez pas,

Elle est cachée dans ma tête ;

Je voulais vous emmener pour y faire quelques pas,

Et pour créer du lien, peut-être ;

 

A présent, je ne guette plus ni visites, ni commentaires ;

Il va rester, ce site presque officiel,

Tel qu'il est à ce jour et le devoir d'inventaire

Viendra après ces lignes nouvelles ;

 

Le fil n'est pas coupé, mais j'ai autre chose à faire,

Le virtuel a ses limites ;

Moi, j'ai envie de revenir pour traduire sur la Terre

Les signaux, devant moi, qui palpitent ;

 

Que va-t-on faire avec lui de cette histoire qui s'annonce ?

Qui est-il, quelle sorte de partage,

Va sortir de cette rencontre, quelles fleurs, quelles ronces ?

C'est la question qui se pose à tout âge !

 

Alors, je vais affronter ces nouvelles circonstances,

Avec optimisme, pour changer !

Je ne vais pas ignorer ce qui est d'importance,

S'il y a une chance d'avancer ;

 

Merci de votre attention, heureux de vous avoir reçus,

La Forêt Enchantée vous est ouverte ;

Merci à tous ceux qui n'ont pas répondu,

Comme aux invisibles et aux sans-tête !

 

Le site presque officiel est un peu mon ambassade,

Venez frapper à la frontière ;

La liste complète vous détaillera l'escapade,

Et pour finir...

Voici le sommaire...

 

Par daniel - Publié dans : oyats
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 20:10

Plus ou moins d'après "Féerie", la revue du Moulin Rouge - vendredi 8 décembre 2006

 

Tous les soirs,

J'ai des déboires,

Sur l'internet !

 

Mon ordi

Est pourri

C'est pas la fête !

 

Il est vraiment trop lent,

Et je suis pas content,

Parce que ça... Me coûte cher !

 

Vraiment merdique !

Et je tape sur le clavier !

Vraiment merdique !

A coups d'poing pour m'défouler !

 

L'accès libre me mine

Et ça défrise

Mon budget,

 

Vraiment merdique !!

 

Tous les soirs,

Sans y croire,

J'allume l'écran !

 

Les tentatives,

Les récidives,

Me mettent à cran !

 

Alors, je déconnecte

Ce putain d'internet

Et je dis... A demain !!

 

Vraiment merdique !

Et je tape sur le clavier !

Vraiment merdique !

A coups d'poping pour m'défouler !

 

Ah, si j'avais

L'ADSL

Ce serait...

 

P'têt' moins merdique !

P'têt' moins merdiiiique !...

P'têt' moins merdiiiique !...

 

Mais je ne sais pas remettre

De la mémoire en barrettes

Je reste en bas débiiiiit...

 

Vraiment merdique !!

Par daniel - Publié dans : oyats
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 08:51

   Ce site presque officiel a déjà consacré deux articles à la grande Yvette Leglaire. Je croyais à la force et à l'avenir de ce personnage (enfin, il faut qu'elle se dépèche : la pauvre n'a déjà plus d'âge). La voilà partie à la conquête des médias, notamment sur M6 dans l'émission "Incroyable talents" (puis sur Europe 1, sur le blog de Morandini, dans les canards télé les moins soupçonnables d'originalité, etc...).

Passons sur le tact et la subtilité habituels de M6, qui aime bien bousiller tout ce qu'elle touche. Cette émission a quand même vu apparaître au grand jour des phénomènes très curieux, comme le plus Grand Magicien et Comique du Monde (un peu plus de 2 mètres). Et puis Yvette Leglaire. Qui est-elle ? C'est une sorte d'OVNI culturel qui veut, par le chemin de l'humour, nous amener à retrouver les bijoux enfouis de la vraie chanson française, celle qui fait partie de notre mémoire collective.

Peu à peu, quelques fans dont je suis collectent des preuves évidentes de son existence. Soyez attentifs : un jour, l'OVNI viendra peut-être se poser près de chez vous ! En attendant, il met le Point-Virgule en suspension chaque dimanche soir, à 22h30. Vous retrouverez notre star préférée jeudi 30 novembre... Allez Yvette ! Montre-leur qui tu es !

Le Point-Virgule, 7, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris

Par daniel - Publié dans : oyats
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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 19:43

LIVRE 2 : SAINTE-RADEGONDE DE SAINT-PRY ET LA DILIGENCE DE CERGY-PONTOISE (Les Oyats, septembre 2003)

Résumé de l'épisode précédent :

Radegonde, jeune reine un peu cruche, avait rêvé de secouer son mari, le roi Réginar d'Eléborance, qui se faisait chaque année plumer au jeu par le roi Flaive de Casteigne. Avec la complicité du Gland Magique et du Chevalier de Cailleuse, pourtant pédé comme deux phoques et demi, elle fait croire au roi qu'elle le trompe. Las ! Le comte de Bosc, un conseiller de Réginar qui veut usurper la couronne avec le soutien de la Casteigne, a la même idée et tout part très vite en couille : Réginar déclare la guerre, Cailleuse la gagne puis est banni, le roi de Casteigne le fait tuer car il est un témoin gênant, Radegonde est répudiée et doit fuir dans la forêt pour sauver sa vie, le Gland Magique se fait bouffer par les écureuils et tout rentre enfin dans l'ordre. Sadomazzo, la fée du sous-bois vétérante riche de 212 annuités, protège la reine de ses poursuivants en la transformant en fontaine, puis elle oublie la formule de retour à la vie d'os et de chair... Et les choses en restent là pour trèèès longtemps...

 

LE MENESTREL

Bonjour, mes petits amis des bois !

Nous avions laissé en grand désarroi

La reine Radegonde traquée par son époux de roi

Et transformée en fontaine de granit froid.

 

Par une maladresse de la magicienne soillicitée,

Le charme se fixa sur elle pour l'éternité ;

La discrète fontaine pleura en silence

Durant le long ballet des saisons qui dansent

Et se courent après dans l'épaisseur de cette nature

Préservée jusqu'à ce jour des promotteurs à la dent dure.

 

Et nous voilà transportés en ces jours qui nous regardent,

Où les chevaux sont de fer et pétaradent

Sur des routes lisses balisées de villes gourmandes

Qui encerclent la forêt d'une bétonneuse bande.

 

Les antiques terres de Casteigne et d'Eléborance

Sont aujourd'hui sillonnées de larges allées en tous sens ;

Les collines sont envahies par mille centaures à roulettes,

Mille moutards hurleurs et encore mille mémères en survêt'...

 

Et on dit même que certains buissons stratégiques

Abritent des loisirs mâles et lubriques !

Mais je ne vous apprendrai rien là dessus,

En particulier vous deux, là, qu'hier en action j'ai vus...

 

Par un tiède matin de septembre, à l'heure délectable

Où les chiards sont retenus à l'école devant leur table,

Un homme légèrement vêtu d'un short bleu

Et d'un maillot rose dédié au culte de Karambeu,

Courait à petites foulées paresseuses dans la forêt,

Méprisant les chevreuils qu'il dérangeait.

 

Les sens instruits par le soudain appel de sa vessie,

Il s'écarta du chemin pour chercher un abri

Et accomplir la magie chimique de son corps

Déjà lesté à cette heure de trois bières qui ne passaient pas par les pores...

 

Alourdi de saine fatigue et nonchalant,

Notre homme se planta  droit debout sur le bord glissant

Du petit bassin clapotant de la fontaine

Alimenté par une eau ckaire et sereine.

 

D'une main moite, il baissa la barrière de tissu

Qui contenait un bel appareil gorgé de jus.

Ses jambes nues luisaient au soleil généreux

Et l'éclat du jour baignait ce qu'il lui restait de pâles cheveux.

 

Un scintillement brusque déchira l'ombre calme

Qui couvrait seulement le petit amalgame

De pierre moussues auquel jamais on n'avait fait

Pariel affront que cet éclaboussement précipité !

 

L'Homme au regard portant bas

Sur le jeu d'eau que le bassin lui montra,

Sentit monter dans son échine en sueur

Comme un suave soulagement, un petit bonheur.

 

Et il eut la primeur, tandis qu'il pissait,

De voir qu'une sorte de brume s'élevait... 

 

Déconcerté et craintif, l'homme feram les yeux,

Alors que la nuée acide entourait ce lieu ;

Cette aventure ne fut l'affaire que de dix secondes

Et l'homme arrosait toujours la fontaine Sainte-Radegonde,

Quand, toussant et rouvrant les yeux dans cette vapeur,

Il découvrit à genoux dans l'herbe fastueuse...

Trois jeunes femmes nimbées de lumière glorieuse !

 

Le souffle coupé et les pupilles élargies,

Il ne contrôlait plus le débit de sa vessie ;

La femme du milieu, la plus voilée d'or fin,

Leva le bras et dit avec un sourire divin :

 

"Holà, Casteignan ! Tu peux à présent cesser ta magie

Et couvrir le bel engin qui nous a rendues à la vie !"

 

L'homme, tétanisé, ne put que répondre : "....Aaaaah !..."

 

1 - RENCONTRE AVCE LE MAGE ROLAND

 

RADEGONDE

Merci à toi, O Mage Dévêtu !

Sois remercié par les Elfes de tes vertus !

Sans doute es-tu un de ces timides ascètes

Du royaume de Flaive, QUE LA PESTE SOIT SUR SA TETE !!!

Qui errent en silence dans le sous-bois

Et maudissent la société en brandissant le majeur comme ça,

Et méditent avec moulte concentration la tête en bas, les pieds en fanal,

Pour puiser au contact des arbres leur énergie vitale ?

 

- ...Hein ?... Je... Excusez-moi, mais...

 

RADEGONDE

Sois remercié, héros aux couleurs mal assorties,

Je suis la reine Radegonde d'Eléborance, par son roi bannie !

Nous te serons éternellement reconnaissantes

De ton génie salvateur qui nous sort de cette tourmente !

 

Tu as accompli avec sagesse le divin geste !

Tu dois être le plus grand des sorciers parmi ceux qui restent !

 

- ...Hien ?...

 

RADEGONDE

Permets

 que je te présente les fidèles dames de compagnie de Radegonde :

Voici Branlettibéria la brune et blennorasia la bonde.

C'est pas difficile.

 

- ...Euhhh... Sssssalut les filles !... Bon... Bin, moi, je vais vous laisser... Excusez-moi encore pour... Oh là là...

 

RADEGONDE

Attends ! Ne pars pas ! Il me vient le sentiment inné

Que dans l'autre sens le fluide peut transiter !

 

- ??!!... Ca m'étonneraitr bien...

 

RADEGONDE

Je dois pour cela, Magicien habile,

Te donner le baiser du merci servile.

Moi, reine et fille de reine,  victime du sort malin,

Permets que je baise une de tes mains !

 

- Oh, c'est pas nécessaire !... (elle le fait)... Oooh !! Gasp !!... (il est pris de frissons)

 

RADEGONDE

Voilà ! Le prodige fait son lit !

Et je te reste redevable de ma vie .

 

- Aaaahhh... Je me sens bizarre... Glarf... Qu'est-ce que vous m'avez fait ?!...

 

RADEGONDE

C'est le fluide ensorceleur des glandsn magiques,  Magicien,

Qui glougloute entre tes reins.

Quel est ton nom, O Sauveur Sylvestre ?

A qui devons-nous de redevenir des Etres ?

 

- Je... M'appelle... Roland Duchêne, m'dame... Blourp !

 

RADEGONDE (à ses servantes)

Roland Duchêne ? Cela est étrange...

C'est un gland de chêne qui devait être l'Ange...

 

BRANLETTIBERIA

Se peut-il que nous devions le retour à l'humaine constitution

A une banale erreur de transmission ?

 

- ...Beuhhh... Je me sens vraiment pas bien, là...

 

RADEGONDE

Le fluide onirique emplit tes veines,

O Mage Roland, avec tous les bienfaits qu'il amène !

 

- Je ne suis ppp... Pas un mage ! Je conduis un taxiiiihhhh...

 

BLENNORASIA

La vie en solitaire au grand air l'a un tantinet esquinté !

 

ROLAND

AAAH !! Et ça, qu'est-ce que c'est ?... Oooohhh...

 

RADEGONDE

C'est ton nom, que tu es benêt !

Il annonce avec un saut de ligne et un lettrage approprié

Que tu vas à l'intention des autres t'exprimer !

 

ROLAND

C'est que... Hhhhh... Je ne suis guère familier de ces façons !

De coutume, les mots viennent seuls de ma tête de con !

Ooohh...

 

BLENNORASIA

Ah, oui, la logique des rimes est implaccable, ou parfois sage !

Mais tu sauras vite la maîtriser et faire passer de juste messages !

 

BRANLETTIBERIA

Majesté, il ne faut pas traîner céans !

L'ennemi rôde, ce n'est point prudent !

 

RADEGONDE

Juste ! Conduis-nous, Mage Roland, en lieu de sûreté,

Que nous puissions en paix la vie adorer !

 

ROLAND

Quoi ?... Gggff... Je n'entends rien à vos paroles ! Bbrr...

...Je... AAAHH !! L'AMERTUME DES SOUPES DE RAVES REMPLIT MON BOL !!

 

BLENNORASIA

Il ne tient vraiment pas le choc, nous le voyons bien !

Je commence à douter qu'il soit magicien !

 

ROLAND 

LA TRIFOUILLURE DE CETTE PROSE REDHIBITOIRE

FAIT RRRRIGOLER LE MENHIR QUI NE SAURAIT DECHOIR !!

 

RADEGONDE

Il défaille ! ! Retenez-le, Mes damoiselles !!

Couchez-le sous cet orme qui fera ombrelle !

 

ROLAND

Aaaahhh.... La torture que m'impose cette histoire...

Fait se calmer... Mon ire bien dérisoire... Hhh...

 

RADEGONDE

On y est presque ! Ca va mieux ?

Ne ressens point de colère, sois heureux !

La bénédiction de la Forêt Enchantée

Va marquer de sagesse toute ta destinée !

Ne refuse point ce cadeau auquel tu as droit,

Car tu aurais bien plus que Réginar le mérite d'être roi !

 

ROLAND

Mais puisque je vous dis... Que je suis chauffeur...

D'une Mercédès bleue munie d'un compteur... Hhhh...

 

BRANLETTIBERIA

Cette Mercédès doit être une rien ibère...

L'étranger est venu de fort loin accomplir son mystère...

 

RADEGONDE

Partons, à présent, ô Mage Roland, fuyons Casteigne et Eléborance !

Nous suivrons tes pas avec révérence !

Guide-nous loin de ce royaume hostile,

Au delà du Mont d'Ombre et des terres arides

De la Chicaille de Montaugland, place maudite,

Qui vit jadis la chevalerie d'Enculiandre déconfite

Par les hordes putrides et non-voyantes

Des taupes ensorcelées du Mage Grosstante !

 

ROLAND

Aaaah !! 

Je ne saisis point le sens de ce babillage !

D'où sortent tous ces machins et ces mages ? !

Que me veulent ces trois nanas qui me toisent ?!

Il n'y a rien de tel ici, dans le Val d'OIse !!

 

2 - LES DAMES D'ELEBORANCE DECOUVRENT QUE LE MONDE A BIEN CHANGE EN LEUR ABSENCE...

 

LE MENESTREL

Pris de panique, notre pauvre plébéien se mit à courir éperdument.

Un instant interrogatives, les dames empoignèrent robes et volants

Et se lancèrent à sa suite, avec un souffle plus régulier que lui, leur idole,

Habituées qu'elles étaient à une vie saine et sans cholestérol.

 

De rares curieux contemplèrent en riant ce curieux équipage,

Ces trois belles cariatides poursuivant le faux mage,

Lequel tournait de temps à autres la tête pour s'assurer,

En vain, que le cauchemar ait pu être distancé...

 

Finalement, ils arrivèrent tous ensemble au parking de gravillons poussiéreux ;

Les dames s'extasièrent à l'encan sur la beauté du cahr aux larges pneus

Qui était celui de Roland et qu'elles baptisèrent "futuriste diligence",

Pensant côtoyer un nouveau style de carosse non breveté en Eléborance.

 

Rien ne sembla étonner outre mesure les trois touristes conciliantes

Lorsque Roland amorça de Saint-Leu la périlleuse descente.

Le nez collé aux vitres, elles commentèrent avec passion

La traversée de cette cossue banlieue jusqu'à Ermont,

avant la découverte ébouriffante, lancées à la vitesse cumulée de cent gerboises,

De la longue autoroute jusqu'à Cergy-Pontoise...

 

Il y parvinrent au milieu d'une intense circulation, dans cette cité démesurée

Qui les fit s'interroger sur le temps réellement écoulé...

 

BLENNORASIA

Que cette ville toute en cubes verts et jaunes est donc moche, Votre Majesté !

Oncques ne vit pareil fatras de mauvais goût assemblé !

 

ROLAND 

Mais c'est ici que j'habite

Et... Mmmff...

 

RADEGONDE

Oui, vas-y... Et la rime ?

 

ROLAND

Gggg... Blrrcc... 'peux pas...

 

BRANLETTIBERIA

Voyez-vous ce monument à la fine et faîtale guérite ?

Il vient de tinter ce qui me paraît être midi

Et me rappelle que je suis fort mise en appétit !

 

RADEGONDE

Nous allons au logis de notre ami nous rassasier,

En compagnie de la dame que nous pourrons féliciter

D'avoir été choisie par ce coeur vaillant et pur

Devant qui les autres chars, qu'il nomme "voitures",

S'inclinent et livrent passage, comme soumis,

Lorsqu'il survient et que le rouge est mis !

 

BLENNORASIA

Bien sûr, car le rouge est la couleur de l'amour !

Ce joli code de couleurs vaut bien les plus romantiques atours !

Cette place populeuse me paraît fort ordonnée

Et si vaste, mais cette odeur m'agresse le nez !

 

ROLAND

C'est celle du carburant que je consume de façon banale

Et que, depuis "l'Erika", je n'achète plus chez Total !

Ah ! Voici mon fief, je veux dire ma maison !

Et je discerne déjà Martine sur le perron !

 

Ils descendent de voiture et les dames font la réverence devant Madame Duchêne, en blouise à carreaux et pantoufles, un outil de jardinage à la main)

 

RADEGONDE

Je te rends hommage, ô Noble Martine respectée,

Epouse fidèle de ce prince et aussi mal fringuée !

 

- ?... Roland ?... C'est quoi ce cirque ?...

 

ROLAND

HA ! HA ! HA ! Je crois que tu vas bien rire, ma chérie,

Quand je t'aurai expliqué avec soin cette surprise de la vie !

 

- Tu as bu ou quoi ?

 

ROLAND

Juste le breuvage fade et clair de ma gourde !

Mais je sens monter en toi une colère sourde...

Figure-toi, Ha ! Ha ! Ha ! Que je courais innocemment dans les bois,

Quand ces gentes dames me sont apparues à genoux les trois à la fois,

Dans une nuée magique comme je n'en avais JAMAIS vue !

Pour me conter d'étranges légendes inconnues,

Me saisissant ainsi, les mains sur le pénis découvert,

Dans l'urgence d'un besoin pressant à satisfaire !

 

- Tu pourrais parler normalement, s'il te plaît ? Redis-moi ça, salaud ! 

 

ROLAND

Non-non-non-non ! Ce n'est pas ce que tu crois !

Ces filles sont habitantes des bois !

Elles m'ont ensorcelé de je ne sais quelle façon 

Et me voilà contraint à la versification !

 

- ...Des filles à genoux dans les bois...

 

RADEGONDE

Le Mage Roland bien membru que voici nous a tirées... D'une dure extrémité !

Dans laquelle une sorcière maladroite et un peu marinée

Nous précipita avec le louable sentiment de nous sauver

Du sanglant courroux d'un mari qui se croyait trompé !

 

ROLAND

Cela est fort bien résumé, bien que d'apparence curieuse !

Et me voilà embarqué pour une simple envie urineuse !

Ha ! Ha !  Ha ! Ha !... Eeeehhh...

 

- ...Oui... Tu te fous de ma gueule ?

 

ROLAND

Euh... Je sais bien que toutes les occurences de cette fable

Sont contre moi, mais je ne suis point coupable !

Je prie que tu ne te méprennes point sur cet évènement,

Qui m'impose de la rime le constant désagrément !

Je conçois que tu pourrais prendre de tout cela ombrage,

Et je souhaite, Ma Mie, que tu ne conclues point par un carnage ! 

 

- Ah oui ? Alors écoute ça :

Si tu ne vires pas de céans ces trois putes,

Je manderai un avocat pour organiser la lutte !

 

ROLAND

Gasp !... Euh...

 

- Alors ?..

 

ROLAND (à l'oreille de Martine)

Je vais m'efforcer de larguer ces trois Vénus collantes

Sur une aire de repos de l'autoroute qui va à Nantes.

J'accourrai vers toi, le fait accompli,

Avec l'espoir que le charme sera enfui !

 

- Ca fait longtemps qu'il est enfui... T'as pas intérêt à traîner, ô Ordure... Evite les alcotests !

 

(elle claque la porte du logis)

 

ROLAND

Cela... Aurait de façon plus néfaste se passer...

Et nous allons im-mé-dia-te-ment en voiture remonter !

 

RADEGONDE

De quel autre pays merveilleux,

Mage Roland, vas-tu ravir nos yeux ?

 

BRANLETTIBERIA

Puis-je te rappeler cette sainte fringale

Qui est pour l'heure notre souci principal ?

 

ROLAND

Montez ! L'opprobre qui rejaillit de ce salmigondis infâme

Vous fera manger mes deux sandwiches au jambon de Parme !...

 

3 - RADEGONDE DECOUVRE LA MER

 

LE MENESTREL

Et Roland, envahi par le doute,

Reprit résolument la route.

Celui que ces dames croyaient voué à l'ascèse

Changea de décision et bifurqua soudain sur la A16...

 

Ils franchirent ainsi à vitesse non-autorisée

Les quarante-cinq lieues qui mènent au Pas-de-Calais.

Puis, la lourde diligence emprunta sans attente

Le chemin de Berck nommé "la Pénétrante".

 

Un ciel clément à peine nébuleux

Couvait des dunes le long déploiement langoureux ;

Roland en avait décidé ainsi : "Je vais ici me défouler

Et les trois encombranbes sur la plage échangiste abandonner"

 

Radegonde exprima le désir de stationner devant un bouge campagnard

Qui servait à l'exhibition d'hommes déguisés en femmes sur des chants criards.

La terrasse accueillante offrait maintes liqueurs aux assoiffés,

Sous la flamboyance d'un drapeau aux couleurs des pédés.

 

Assise confortablement après une longue route dans la diligence,

La reine laissa facilement éclater son impatience

Devant une créature balourde et androgyne, un peu vulgaire,

Qui se déhanchait loin d'eux sur le sol de pierre.

 

La monstroplante ardente au déduit de sarcasme avait pour fonction,

Le soir venu, de se travestir devant les tablées de sinistres glanduillons.

 

RADEGONDE

Holà, servante ignoblement déguisée !

Sers-nous donc céans ton breuvage le plus corsé !

 

- Dis-donc !? C'est quoi chteu pouffiasse ? Comment tu m'causes ?!

 

RADEGONDE

Hien ? Incline-toi, mégère pitoyable et pouilleuse !

Ou je fends de cette chaise ta face hideuse !

 

- Ho !! Vas te faire mettre, morue !!

 

RADEGONDE

Garde-toi, femelle qui pue le fard et le vomi !!

Que la peste soit de l'ordurière Pythie !!

 

- Mais je vais me la faire, chteu truie !!

 

(Le patron du bar sort pour calmer le jeu. Curieusement, lui aussi parle en vers)

 

LE PATRON

Cessez, je vous prie, ce bordel dans un établissement respectable,

Que la male bouffe et la rudesse du service rendent peu rentable !

 

RADEGONDE

Tavernier, je reconnais en toi une âme perdue et bien mal entourée !

Et je consens à épargner la manante enfarinée !

Levons le camp, Mage Roland,

Et voyons cette plage dont tu nous as vanté le vertueux sens du partage !

 

LE MENESTREL

Les voilà donc engagés dans une longue sente sableuse,

Vers un lieu dédié aux agapes de jouissance vicieuse.

 

Vous découvrez sur votre gauche la carcasse ouverte aux vents marins 

De cette usine où se cherchent les foutreux vilains.

Et sur votre droite, les prémices de l'immensité dunaire ensoleillée,

Festonnée de nudistes aux couleurs du cuissot de sanglier cramé.

 

Roland entraîna sa suite surprenante au fond de l'espace de la Quête,

Jusques aux abords ombragés et pleins de piquants de la garenne discrète.

Animé comme une fusée à tête chercheuse avide de fantasmes,

Il guettait de la moindre fornication collective les subtils miasmes.

 

Déviée par la poursuite d'un jeune coupe hardeur bien connu,

La petite troupe s'enfonça dans un sous- bois aux arbres biscornus.

La reine et ses dames trouvaient la ballade plaisante

Et suivaient Roland avec une joie complaisante...

 

Un cri soudain les figea dans l'incongruité de leur situation,

Et Roland crut devoir à la maréchaussée fournir des explications !

 

Mais l'appel venait d'un jeune homme vêtu comme on l'était au temps de Réginar,

Au grand effroi des dames, toutes enlacées dans cette apparence de traquenard !

 

L'INCONNU

Qui vive ?! Quels sont les étrangers qui troublent notre lamentation,

Entamée depuis tant d'année dans ce fourbi de végétation ?!

 

RADEGONDE (elle s'avance avec fierté)

Homme ! Salue la reine du peuple le plus sage de la Forêt Enchantée !

Rends hommage à celle que tu viens jusques ici pourchasser !

 

L'INCONNU

Madame, je n'ai d'autre reine que celle que j'ai perdue dans un océan de larmes !

Je suis le Chevalier Bruant d'Orchisagne, et pour les lapins je garde les armes !

Vous entrez ici dans l'ancien domaine disparu de mon roi cruel et trépassé,

La belle Hédonie riche de ses arts et de ses moeurs libérées !

Que combattirent à outrance les forces d'Opalogne et de Dunisie alliées,

Dans le dessein d'exterminer notre peuple éclairé !

 

RADEGONDE

Ah ? Mais pourquoi dîtes-vous que, de votre Hédonie si bellement évoluée,

Le roi était un être cruel et de quoi au juste se lamenter ?

 

BRUANT

Las ! Madame ! Notre roi était otage de ses noirs préjugés,

Et c'est ce méchant homme qui déclara la guerre, par seule fierté !

A la tête du quart de l'armée, je réussis trop bien mon travail,

Pendant que lui-même sortait vaincu d'une autre bataille.

 

Je tançai avec tant de fougue le roi d'Opalogne, notre ennemi,

Que je parvins à le capturer et à faire de ses gens un grand abattis !

Cette victoire, acquise dans un cauchemar de sang,

Vexa mon roi qui se sentit humilié dans son rang.

 

La paix revenue, il me dépouilla de mes biens

Puis sur ma famille et mes amis, il cracha son venin.

Je fus tout près d'ici ensablé vivant,

Ainsi que mes huit fidèles lieutenants !

 

Nous ne dûmes notre salut à travers les âges

Qu'à une sorcière amie et son heureux ouvrage.

Nous dormîmes sous le sable des siècles durant

Et une goutte de sperme nous ramena aux vivants.

 

Le sort qui nous enveloppa prévoyait en effet

Que l'amour, dans ces dunes, pratiqué en secret,

Sur notre tombe dont la mémoire se perdit,

Devait nous réveiller en un temps sans ennemis...

 

Mais l'ennui de la solitude et la crainte de cette époque bizarre

Ternissent les retrouvailles avec le jour et nous avons le cafard !

 

RADEGONDE

Malheureux coeur perdu ! Ton histoire prouve le croisement des destins,

Et je redoute fort que mon brave ami Cailleuse ait suivi ton chemin...

 

ROLAND (à part)

Ce jour est pour moi source de grande consternation !

Où que j'aille, je trouve des gens étranges et des délires à la con !

Reculons discrètement, pendant que ces barjots échangent leur psychose,

Et gagnons pas à pas cette plage que la marée montante arrose !

 

RADEGONDE

Que fîtes-vous depuis votre libération, Chevalier Bruant ?

 

BRUANT

Nous sommes livrés à notre routine depuis deux ans.

 

La garenne nous offrit un abri sûr, grâce à la paranoïa intense

Du gardien qui vit seul dans ces bois, dont la taille est d'importance.

Il arpente, en toute saison, ce territoire comme si c'était le GR1 Diverticule,

Pour en faire fuir les promeneurs et les dépravés gredins qui s'enculent...

 

Nous vivons de chasse et de rêves, nous pleurons chacun sur l'épaule des autres,

Nous reportons sur nous-mêmes la tendresse qui bat fort dans nos côtes.

Et nous avons appris de ce fait à nous satisfaire avec égalité,

Pour compenser le manque de femmes fort regretté !

 

Mais, Madame ! La flèche bleutée de vos yeux perce mon âme affamée !

Je rêve maintenant de me sevrer au goût de votre peau laiteuse par le ciel envoyée !

 

Si vous êtes en quête d'un refuge, je prie que vous acceptiez le mien !

Si vous êtes en aussi grande peine que nous,  partagez notre destin !

La munificence imprévue de cet évènement m'écrase de bonheur !

Ce jour de joie devait être écrit par quelque divin conducteur !

 

Accordez-moi la faveur, Madame, de vous ouvrir mon coeur et ma maison !

Mais je ne garantis point d'abandonner si vite l'amour de mes compagnons...

 

Cinq d'entre eux m'ont apporté un investissement viril et doux,

Pendant que les trois autres aiment à soupirer, leur nuque contre mon cou.

La complicité qui nous unit est inaltérable, mais le besoin de descendance se dessine.

Or, nous n'avons point encore vu toutes les combinaisons que la statitique détermine !

 

Vous êtes néanmoins, Mesdames, les bienvenues si vous avez le coeur à l'ouvrage,

Dans cette Garenne Enchantée où l'on fera renaître un royaume en votre hommage !

Vous êtes reine, je vous conjure de le rester et d'associer votre détresse

A celle que nous vivons, pour ensemble reconstruire avce sagesse !

 

RADEGONDE

Chevalier, votre offre est un cadeau du sort le plus savoureux !

Et nous acceptons toutes trois de nous unir à votre clan valeureux !

 

BRUANT

O joie démesurée ! !

Une nouvelle ère est née !!

Sortez des buissons, fidèles lieutenants chéris !!

Posez vos armes et embrassez nos amies !!

 

UN LIEUTENANT

Mais... Ce sont des femmes ?... Des vraies ? Pas comme les travelotes du Terminus ?...

 

UN AUTRE LIEUTENANT

Il fait beau voir qu'elles arrivent ici, je vais pouvoir refroidir mon anus !

 

UN TROISIEME LIEUTENANT

La petite blonde me paraît fort appétissante, ma foi !

Et je vois déjà que mon poil roux fait mouiller son minois !

 

BLENNORASIA

Oh oui, Homme de la garenne, car le rouge est la couleur de l'amour ! 

Et quand le rouge est mis, je m'incline et au rut j'accours !

 

UN QUATRIEME LIEUTENANT

Et toi, De Fliers ? Vas-tu m'abandonner pour des précieuses à la peau de pêche ?

 

UN CINQUIEME LIEUTENANT

Que nenni, tendre Passe-Pierre ! J'aime toujours les poils et les contours un peu rêches !

L'arrivée de ces jambons-là est un authentique déversement de féminité

Qui ne changera rien au tuyau qu'affectionne mon robinet !

 

BRUANT

Saluons la gloire de ce moment, mes doux chevaliers, mes frères !

Salicorne, Fliers, Marécangie, Sablanges, Passe-Pierre,

Oyats, Birkoise, et toi aussi, mon délicat chaton de Saulières !... 

Chantons ensemble, célébrons de notre histoire la date la plus fière !

Et montrons à nos déesses du hasard la ferveur dont nous sommes capables !

 

BLENNORASIA ET BRANLETTIBERIA

Et si, avant les choses de la bagatelle, nous passions à table ?!

 

RADEGONDE

Merci au ciel de nous avoir trouvé un nouveau havre où débarquer notre errance !

Une dernière fois, je pleure mon passé et la douce Eléborance...

Nous regardons vers l'avenir, Chevalier Bruant, je ferai de vous mon roi ! 

Je te rends mille grâces, Mage Roland, artisan de toutes les solutions, réjouis-toi avec moi ! 

 

...Ben... Où il est ?

 

4 - TOUT FINIT PAS TROP MAL

SUR CETTE COTE D'OPALE ;

MAIS IL SEMBLE QUE LE MAGE ROLAND

N'AIT PAS RESOLU SON TOURMENT...

 

LE MENESTREL

Ainsi s'achève l'épopée de Sainte-Radegonde, la bien-nommée ! 

Femme et reine, forte et courageuse, déborbante de bontés !

 

Nous la laissons maintenant avec le jeune Chevalier Bruant,

Tous deux enlacés sur la plage, face au couchant !

Notre histoire sur cette image poétique, rosie d'espoirs de liberté,

Et sur la renaissance d'un monde que nous vous supplions de ne point déranger !

 

Oh, mais je crois qu'il nous reste à retrouver la trace en cette heure,

De celui qui fut le bien involontaire Mage imposteur,

Je veux parler bien sûr de Monsieur Roland Duchêne, époux de Martine,

Qui s'esquiva de la scène sans même donner de la pine.

 

J'ai ici une archive vidéofaçonnée qui nous montre une rue de Paris, je crois,

Bordée d'immeubles aux façades constellées de fenestrons bourgeois.

Deux vieilles dames au pelage mauve montent dans le taxi de notre héros

Et lui soumettent leur destination de rombières cathos :

 

"La boutique Yves Rocher, 72, rue Saint-Denis, s'il vous plaît."

 

ROLAND

HA !! HA !! HA !!

PARBLEU, MES GARCES !! Les bonnes pipes de Saint-Denis sont plus réputées

Que celles de Saint-Claude, selon la légende de bouche en bouche tuyautée,

Ainsi que l'exprimait un ciseleur de calembours que j'entendis

Hier dans les Grosses Têtes, quand je m'en revenais d'Orly !!

 

(Les deux bourgeoises se regardent)

 

"...Il est taré ou quoi ?..." 

 

 

FIN

(mais à bientôt quand même...)

 

Daniel B., 9-10-11 septembre 2003

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Jeudi 10 août 2006 4 10 /08 /Août /2006 09:02

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Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 09:16

Avec : Marc Di Napoli, Didier Gaudron, Franz Seidenschwand, Dominique Planchot, Christian Sofron, Constantin Nedelcu, Rainer Basedow, Werner Pochat ; co-production franco-allemande, réalisée en Roumanie par Gilles Grangier vers 1973.

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