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  • : LE MONDE MINIATURE DE SASGARION
  • : Le monde miniature imaginaire de Sasgarion, qui vit depuis plus de trente ans. Tenté un moment par un diorama classique, une ville miniature au 1/87ème, je suis allé vers quelque chose de plus personnel, foisonnant, sans règles, toujours transformé et renouvelé, mais surtout moins cher ! Bon, c'est aussi, très clairement, une sorte de thérapie, de dérivatif, un moyen de survivre, sans doute...
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 11:15

 

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Quelque part près de Berck-sur-Mer...

Pendant qu'un vent printanier de sud-ouest soulève et secoue des voilages de sable fin sur des kilomètres... 

 

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(site www.mincoin.com, avec de très belles photos du Nord, parce que le Nord aussi est beau !)

 

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Et que nous, les "Grands", menons une vie très active à la surface de la Terre,

Il se passe bien des choses à une autre échelle, au ras du sol, et dans un jardin d'apparence paisible, mais dont les habitants sont très doués pour s'inventer toutes sortes de complications et de tourments. Cest le monde miniature du jardin d'Arrochelle.

Parmi la quinzaine de micro-Etats qui le tapissent, colonisant les pelouses, les bosquets, la serre, les massifs de fleurs et les rangées de haricots et de fraises, les royaumes de Casteigne et d'Eléborance sont, avec l'Empire d'Hédonie et la République arrochellienne (dont est issu le "Sasgarion", voir la série qui lui est consacré), sont au coeur de toutes les passions, et donc de toutes les intrigues.

 

Voici la suite de leurs histoires.

 

EPISODE 3

 

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  Réfugiée dans la château de Pimsford, Clématitsia Mouettovna passait en revue sa vie et ses névoses.

 

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Il y avait eu d'abord le mariage de convenance et d'amitié avec le capitaine Moulefritorov. Ils étaient bien jeunes alors, mais ils ne s'étaient jamais vraiment compris. 

 

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Puis était venue la rencontre avec l'énergique et ambitieux Comte Bernache Oyatoviche Calogine et la chute doucement consentie dans un adultère rapidement public... Et ensuite la mort suspecte du capitaine, son mari, lors d'une bataille contre les Eléboranais.

 

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Clématitsia n'avait pas un seul instant résisté au pouvoir de séduction et à la présence envahissante de Bernache Oyatoviche. D'ailleurs, résister à quoi que ce soit, elle ne savait pas faire.

 

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Enfin veuve, je veux dire enfin libre, Clématitsia pouvait épouser Bernache Oyatoviche, dont le pouvoir et le besoin de respectabilité s'accroissaient. D'abord ministre de l'Intérieur, il devint très vite ministre de Tout dans le royaume de Casteigne, situé au centre du Jardin des mini-nations.

 

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Ce fut pour Clématitsia une période faste, pleine d'honneurs et de fêtes. 

 

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Issue d'une des plus riches et des plus hautes familles casteignanes, elle avait ouvert à son amant son fabuleux carnet d'adresses, dans lequel le ministre virevoltait à la conquête d'alliances nerveuses et souvent éphémères. Après quoi courait-il donc, puisque le pouvoir, il l'avait déjà ?

 

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S'appuyant sur une frange de l'armée qui ne concevait la vie que dans l'action permanente, il était devenu plus dictateur que ministre, presque plus roi que le roi. Entre surnoms u'on lui décernait respectueusement, son préféré était "Le Lion du Potager".

Autoritaire mais hypersensible, liberticide mais libertin, amant fougueux mais maladroit, Bernache Oyatoviche croquait son destin à pleines dents en oubliant parfois que le destin pouvait s'écrire à deux. Sa future épouse avait une existence bien physique, tout près de lui, mais elle semblait tellement abstraite dans son esprit...

Clématitsia, elle, n'aspirait qu'au bonheur, même le plus simple et le plus rustre.

Mais le bonheur se faisait bien attendre. 

 

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Déjà, à l'époque de sa double vie, Clématitsia Mouettovna, s'était trouvée une compensation surprenante, mais qui faisait, en revanche, le bonheur des pâtissiers du royaume. 

 

Bernache Oyatoviche ne voyait pas la mélancolie saisir sa douce compagne à l'estomac. Il ne pensait, sitôt une guerre terminée (et souvent perdue), qu'à préparer la prochaine.


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-      Alors, j'ai modifié les plaquettes de freins, les ihnibiteurs inertiels latéraux, le radar de recul et l'air-bag...

 

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-      Attention !

 

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SCHPRONFFF !

 

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-      C'est parfait. Mettez-m'en une douzaine. Au pire, si nous ne réussissons pas à bombarder l'ennemi, nous pourrons toujours essayer de l'étouffer.

 

Les citoyens résistaient, chacun à leur manière, à l'emprise que Bernache Oyatoviche exerçait sur leur vie quotidienne. Il savait qu'on le moquait dans les cabarets, mais il tolérait cette nécessaire soupape de sécurité. De temps en temps, par surprise, il sévissait durement. Cette imprévisibilité entretenait la peur, et donc la paix sociale.

 

On disait, par ailleurs, que lorsqu'il était  jeune officier, il avait eu pour maîtresse toutes les chanteuses qui aujourd'hui réjouissaient les caves faussement clandestines, avant de les plaquer au même rythme échevelé. Il avait même voulu chanter un truc du style "J'aurais voulu être un artste", ou bien "une hôtesse de l'air", enfin je ne sais plus... Mais il avait mis en avant sa carrière militaire et politique et tout sacrifié pour ça.   

 

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- Ooooh Tyrrrran, tu m'attires, tu me tires et tu te tires à tire-d'aileu !

Tyran de terrrrreur, chuis ton territoire et ne suis plus demoiselleu !

Trrrrouble Tyran, rattrapé par une trrrriste Guerre des Trois et de pires victoireu !

Trrrraître Tyran, et ta poulette trop belle, vous me faites frrrroid, que va dire l'Histoireu ?

 

Moi, j'ai mon prrrropre Tyran dans le coeur, c'est toi mon Public, ici dans le parterrrrreu !

Et je crie, TRRRREMBLE, TYRAN !! Car le monde s'écroule quand il devient militairrrreu !

Oooooh Tyrrrran, tu m'attires, tu me tires et tu te tires à tire-d'aileu !

Trrrrop perdant Tyran, pour vaincre contre toi, il faudrait que je sois...

PARMI LES REBELLEU !!!

 

 

Clématitsia Mouettovna vivait cachée avec le jeune Gustav Pims, juste à côté de la frontière entre la Casteigne et l'Hédonie. Elle était portée disparue depuis la bataille de Lombricbourg. Dix jours étaient passés sans qu'elle eût osé signaler sa présence à Bernache Oyatoviche. Pour la première fois de sa vie, elle se sentait heureuse. Elle prenait son temps, comprenait plein de choses, ses yeux s'ouvraient... Et elle semblait avoir résolu son problème de gavage chocolatier compulsif.

 

Cela dit, même réconciliée avec la bouffe devenue son amie et non plus un fardeau, même libérée de ce symptôme de vide affectif et de déséquilibre intime, elle ne pouvait pas complètement oublier sa passion pour le chocolat, à plus forte raison dans une maison qui en était semi-grossiste pour tout l'Empire hédonien et au-delà...

 

 

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(Sur l'air de "I am what i am", de Shirley Bassey, musique interprétée par le London Symphony Orchestra :

"Miam, tu es my miam !" - Bon,  ce qui va suivre, c'est pas de la grande poésie... Mais rappelons que Clématitsia Mouettovna était jusque là une jeune fille riche et gentille constamment dépassée par les événements, à qui on n'avait jamais demandé son avis sur quoi que ce soit. Elle commençait tout juste à exprimer ce qui était en elle.)  

 

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Miam... Tu es my miam...

Toi, Chocolat... Mon seul ami... 

 

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Les hommes, ça vient et ça passe, mais toi tu restes

J'me gave et j'oublie !

Amour de Pim's au napage noir qui craque

Gênoise !

Chérie qui me fait fondre sur place 

 

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Miam, tu es my miam

Toi, Chocolat, tu sèches mes larmes ! 

 

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Miam, tu es my miam

Dérivatif indispensable

J'me paye des reflux gastriques

Quand j'abuse des bonnes choses de la fabrique !

 

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Le monde, autour de moi peut bien s'effondrer

J'aurai !

Déjà mille Pépitos de côté

Miam

Tu es my miam

Toi, Chocolat, tu sauves mon âme !

 

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Miam

Tu es my miam !

Toi, Chocolat

C'est pour la vie ! 

 

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Roule !

Au fond de ma gorge

Prends-moi sans efforts

Mais laisse-moi fine !

 

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C'est toi !

Ma religion, mon hérésie, et je ne grossis jamais

Veau d'or !

Ou de cacao, connais-tu mon secret ?

 

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Miam

Tu es my miam !

Roi Chocolat !

Mon ami qui ne fait pas mal...

 

 

MY MIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

 

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 AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA 

 

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  AAA-AM !!

 

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-      ...Droite, gauche, drrrrroiteu-droite gauche ! Droite, droite, doite, gaucheudroite !

-      Clématitsia Mouettovna : Tiens ? Qu'est-ce qui se passe, dehors ?...

 

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-      Gauche-gauche-gauche-droiaaaaa gaucheu droi-droi-droi-droi-droiteu ! 

 

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-      Droite, gauche, droi-droi-droiaaaaate,gauooooooche !

 

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-      Clématitsia Mouettovna : Encore des soldats... Où vont-ils ?

-      Madame Pims : Madame, par pitié, ne vous montrez pas !!

 

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-      Gustav Pims : Mon cher amour, lumière de mes yeux, subtile rose trémière de mon jardin secret ! C'est une compagnie du régiment de Fortgusagne qui monte au front. On vient de me dire que l'Empereur a pris position à Mulotwald et il me faut vous quitter pour rejoindre la Garde. Je crois que ça sent la grande offensive.

 

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-      Clématitsia Mouettovna : Allez donc, mon bel-ami. Je suis bien décidée à vous attendre. 

 

Pendant ce temps, au palais royal de Casteigne, à environ 47 mètres de Pimsford...


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-      Bernache Oyatoviche : Vois-tu, Stanislas Insérélaviche, ces conversations avec le coach de l'ATDD m'ont fait beaucoup de bien ! Je me sens regonflé à bloc ! Et ça va chier dans le ventilo !

-      Stanislas Insérélaviche : Sois prudent malgré tout, Bernache Oyatoviche. L'Empereur cherche à contourner Lombricbourg, puisqu'il n'arrive pas à prendre la ville. Pourquoi veux-tu tellement aller là-bas ?

 

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-      Bernache Oyatoviche : Parce qu'il faut aussi redonner le moral à nos troupes assiégées ! C'est le moment d'être audacieux et de provoquer notre ennemi. Une victoire ne peut que nous faire du bien, nous aider à regagner la confiance et la soumission du peuple. Et... Je ne désespère pas de trouver la clé du mystère de la disparition de ma future femme. 

 

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-      Bernache Oyatoviche : Pendant mon absence, tu sortiras tous les dossiers noirs et tu prépareras les arrestations, on ne sait jamais. Les autres, en route !

   

 

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Fort de Lombricbourg, 14H00.

 

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-       Le soldat : Votre Excellence, le Général Potch... Potlech-jeff... Petochef... Euh, Plotefess, P-Pooooo.... Hhhh, enfin, il vous attend dans le bunker, au niveau - 4... Votre Excellence. 

 

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-      Bernache Oyatoviche : Bonjour, Fédor Potjevleeschowski !

-      Général  Potjevleeschowski : Bonjour, Bernache Oyatoviche. Comment êtes-vous venus ? Quelle imprudence !

-      Bernache Oyatoviche : Par la route secondaire, elle est encore libre. Quelle est votre situation ?

-      Général  Potjevleeschowski : Libre, elle ne va pas le rester longtemps, à mon avis...

 

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-        Général  Potjevleeschowski : Aux dernières nouvelles, l'Empereur a pris position à Mulotwald et il occupe la route Trans-Jardin sur toute cette longueur. A l'est, l'ennemi s'est établi sur la ligne des hameaux et des fermes de Haricotbourg, Fourmi-Chemin et le Bas-Herbier, voilà. A peu de choses près, nous sommes encerclés.

-      Bernache Oyatoviche : Il est important de bloquer l'Empereur ici, de l'empêcher de continuer au sud ! Nous devons défendre Lombricbourg rue par rue, maison par maison !

-      Général  Potjevleeschowski : Trois rues et vingt maisons... Le suspens ne sera pas bien long.. .Les derniers civils qui ne sont pas partis sont réfugiés dans ce bunker et ils nous gênent plus qu'autre chose. Il y a également les dépôts souterrains qui sont au-dessus de nous. Ils sont plein d'armes, de poudre et d'essence. Si nous perdons trop de temps ici, nous ne pourrons pas évacuer ces approvisionnements qui seront bien utiles plus tard et ailleurs.

 

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-      Bernache Oyatoviche : Je regrette, pas d'évacuation. Il faut au contraire les garder pour les renforts quand ils seront prêts. Et ça, c'est quoi ? "Pimsford"...

-     Général  Potjevleeschowski : Oh, ça, ce n'est pas à nous. Ce village est juste derrièr la frontière. C'est le lieu de passage pour les troupes hédoniennes venant de l'est.

-      Bernache Oyatoviche : Mais... Est-ce que le terrain est aussi dégagé entre le fort et ce village que le dit la carte ? Ce n'est qu'une pelouse, et elle n'est pas défendue ?

-      Général  Potjevleeschowski : C'est plutôt un espace d'herbe haute et drue, le sol est boueux et plein de trous. Impraticable pour une unité en formation de combat et pour l'artillerie.

 

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-      Bernache Oyatoviche : Alors nous avons là une occasion de marquer audacieusement l'esprit de nos ennemis par une belle attaque surprise ! Avec 50 hommes, nous pourrions prendre Pimsford, les harceler sur leurs arrières, couper leur ligne de communication et obliger l'Empereur à changer ses plans ! Oubliez les formations : il faut être furtifs, mobiles et rapides comme le chat des voisins ! 

 

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-      Bernache Oyatoviche : Et comme je suis en pleine forme, je vais prendre moi-même la tête de cette expédition ! 

 

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En moins d'une heure, Bernache Oyatoviche avait traversé cette petite jungle et avait surgi aux abords du village. Dans le château des Pims, la panique s'empara des habitants.

 

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Monsieur Pims commanda l'évacuation de toute sa maisonnée. Mais Clématitsia Mouettovna refusa de partir avec les autres. Elle se contenta se souhaiter bonne chance à sa dame de compagnie et se prépara à accueillir les Casteignans, qu'elle pensait pouvoir amadouer... A peine arrivés, ces derniers donnèrent l'assaut.

 

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Clématitsia Mouettovna se retrouva donc nez à nez avec son fiancé ébahi. Heureux et furieux à la fois, il s'en prit à Monsieur Pims:

 

-      Bernache Oyatoviche : Monsieur ! Vous avez si longtemps retenu ma compagne prisonnière en ce château sans m'en prévenir ! Vous me pairez cet affront !

-      Monsieur Pims : Je vous assure que c'est un malentendu. Madame est notre invitée...

-      Bernache Oyatoviche : Votre invitée ?! On ne se moque pas de moi comme ça !

-      Monsieur Pims : Ah bon ? Alors, comment faut-il s'y prendre ?...

 

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Bernache Oyaoviche fut encore moins enclin à la gentillesse et aux accommodements quand il découvrit, effaré, où sa future femme avait passé toutes ces journées depuis la bataille, période qui avait été fort pénible pour lui...

 

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-      Bernache Oyatoviche : Brûlez tout !!! On rentre au fort ! Ramenez-en un pour les habitants du bunker. 

 

Rassuré pour la vie de sa compagne mais désorienté par la colère, Bernache Oyatoviche fit exactement l'inverse de ce que prévoyait son plan : il ne pensait plus qu'à ramener Clématitsia Mouettovna, qui se laissa passivement remettre dans les fers de cet amour exigeant. Il ne laissa que la moitié de son contingent à Pimsford, sur une position fixe qui n'avait donc plus rien à voir avec la mobilité et la rapidité des chats, et était donc très vulnérable à la contre-attaque des hédoniens.

 

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Et le temps du trajet de retour, les hédoniens avaient déjà réagi et lancé une offensive déterminée sur le fort. La brillante manoeuvre de Bernache Oyatoviche n'avait fait qu'aggraver les choses.

 

 

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-      Général  Potjevleeschowski : La ville est quasiment perdue et le fort en partie investi ! Cette fois, il faut vraiment partir !

-      Bernache Oyatoviche : Vous êtes toujours tellement pessimiste... Nous avons des tunnels, non ? Ils ont été créés pour ça...

 

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-      Général  Potjevleeschowski : Plusieurs ont été mal entretenus et il y a eu des effondrements. A cette profondeur, c'est du sable qu'il y a autour de nous, le sol est très instable. Le seul qui soit encore utilisable, et c'est aussi le plus long, suit en grande partie le tracé d'une ancienne galerie de lapin jusqu'à la Haie de l'Est. Des sentinelles nous attendent à la sortie.

 

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-      Bernache Oyatoviche : ...Donc, pour notre sécurité, il nous faut aller aux confins du Jardin, à la lisière du mini-monde civilisé... Génial. Eh bien, allons-y.

 

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Mais le découragement qui semblait de nouveau gagner Bernache Oyatoviche n'était pas la seule mauvaise nouvelle de la journée : la garde hédonienne s'était faufilée en silence, à la manière des chats (décidément...) dans les souterrains du fort pour atteindre le bunker de commandement. Et à leur tête, il y avait rien moins que Gustav Pims en personne.

 

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Ce fut au tour de Gustav de se retrouver par surprise devant Clématitsia Mouettovna, sa bien-aimée qu'il avait laissée le matin même chez ses parents. Quand elle s'écria "Gustav !", Bernache Oyatoviche se plaça entre eux comme s'il allait demander réparation à ce rival qu'il ne se connaissait pas. Tout le monde sentit qu'un sourd drame passionnel se jouait et la fusillade cessa bien vite aurour d'eux. 

 

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Mais un sergent de la Garde impériale s'approcha du jeune lieutenant hédonien.

 

-      Le sergent : Mon lieutenant, le colonel Dessaulaies annonce qu'il a pris le fort et mis le feu aux charges pour faire sauter les dépôts.

-     Général  Potjevleeschowski : Ah non, il ne faut pas faire ça ! Ces dépôts sont presque au-dessus de nos têtes, vous allez tous nous tuer !

-      Le sergent : ...Ah. Alors, ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça...

 

 

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-      Clématistia Mouettovna : Haaaa !!! Bernache Oyatoviche !!! Où êtes-vous ??? 

-      Gustav Pims : C'est moi qui vous sauverai !! Général ! Où est votre tunnel ?

-      Général  Potjevleeschowski : L'escalier ! Tout le monde vers l'escalier !!

 

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-      Bernache Oyatoviche : A moi les gardes !! Rattrappez-les !!

 

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-      Bernache Oyatoviche : Haaaa !!

 

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Cette journée pleine d'imprévus allait s'achever. Lombricbourg était prise, et l'Empereur allait pouvoir s'y installer, dès qu'elle aurait fini de refroidir...

Les survivants du bunker marchèrent deux longues heures dans le tunnel jusqu'à enfin retrouver la lumière du jour, dans le creux d'une souche au pied de la haie qui séparait le Jardin du champ voisin.

 

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Gustav Pims et le général casteignan convinrent que la journée avait été assez pittoresque et dramatique comme ça.

Ils décidèrent de former ensemble un convoi pour guider les civils vers une zone plus sûre, les protéger des oiseaux picoreurs et des petits mammifères ou batraciens insectivores qui auraient pu rôder dans cette région périphérique et inhospitalière. La nuit allait tomber, c'était le moment où jamais pour ces gens d'être solidaires. Ensuite, chacun regagnerait son camp.

 

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Un peu à l'écart du groupe, Clématitsia venait, le coeur serré, de prendre une décision, la première de sa vie. Navrée et consternée de décevoir Gustav, en plus d'avoir indirectement causé le malheur de sa maison, elle lui annonça qu'elle rentrait en Casteigne. Bernache Oyatoviche était mort, elle était libre de faire le point...

Gustav respecta son choix. Mais il se disait aussi que si l'armée impériale envahissait la Casteigne, il ne tarderait pas à la revoir... D'ici là, elle aurait l'esprit plus clair et  serait disponible pour être enlevée une seconde fois !

 

Gustav Pims était à la fois spontané, inconstant, mais persévérant dans ses passions, même s'il ne s'agissait que de les garder en silence pour lui. Il rêvait donc de la poursuite de cette guerre, puisque pour lui elle avait un sens.

 

Et en cela, il était bien le seul, ou peu s'en fallait.

 

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Dès le lendemain soir, Clématitsia était rentrée chez elle, portée par ce qu'on pouvait appeler, vu d'une hauteur d'homme, le mince ruisseau des troupes et des civils qui évacuaient le nord du royaume.

 

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Mais son retour fut assez triste et à part le bon docteur Quatre-Cèdres, on ne peut pas dire que beaucoup de gens lui sautèrent au cou pour l'accueillir. Le Marquis de Cailleuse, nommé Premier Ministre par le roi pour faire face à la débâcle, fut le seul à la visiter. Mais c'était pour lui annoncer, tranquillement mais fermement, que les choses avaient changé et qu'il était très indiqué qu'elle ne réapparût pas à la Cour... Pour une durée indéterminée.

 

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Du temps où Bernache Oyatoviche Calogine dirigeait le pays, il avait su museler le panier de crabes, par corruption ou intimidation... ou meurtre. Lui disparu, les crustacés sortirent du sable et saluèrent le jour nouveau, ivres de leur nouvelle impunité, excités par cette bride qui éclatait sur leurs ambitions contrariées. ils se répandirent dans les couloirs du palais royal en dansant, plus ou moins de biais, comme font souvent les crabes quand ils sont malgré tout peu sûrs d'eux...

 

Et ils avaient peut-être raison de n'avoir pas avoir complètement oublié les peurs d'un passé si peu lointain... 

 

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-      Bernache Oyatoviche : Oh-oh !... Eh !...  Y a quelqu'un ?... Fédor Pochtro... Polocho... Eeeeh !!!

 

A SUIVRE...

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Published by SASGARION
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