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  • : LE MONDE MINIATURE DE SASGARION
  • : Le monde miniature imaginaire de Sasgarion, qui vit depuis plus de trente ans. Tenté un moment par un diorama classique, une ville miniature au 1/87ème, je suis allé vers quelque chose de plus personnel, foisonnant, sans règles, toujours transformé et renouvelé, mais surtout moins cher ! Bon, c'est aussi, très clairement, une sorte de thérapie, de dérivatif, un moyen de survivre, sans doute...
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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 21:24

 Résumé de l'épisode précédent : La mutinerie à bord du Sasgarion a échoué. La Cité volante est à présent garée dans une chambre secrète de l'hôtel Le Voltaire, à Berck-sur-Mer, pour deux semaines, mais c'est tellement court deux semaines...

  

24 juin – 10h00

 

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« Ici l’Amiral Enondradel. Je m’adresse à toutes les sections du Sasgarion, à vous tous, équipage et passagers.

 

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Vous le savez, à présent, nous avons connu cette nuit une grave crise, qui s’est terminée par la mort de plusieurs personnes estimables, bien qu’elles se soient fourvoyées dans une voie qui n’avait rien à voir avec notre intérêt collectif… Certains d’entre nous ont pensé que notre place n’était pas ici, à l’autre bout de la France, et qu’il était et nécessaire de faire marche arrière et de rentrer en Montvillange, pour prendre part aux événements politiques et militaires de notre pays d’origine…

 

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La violence que nous avons connue ici est encore bien loin de celle qui règne dans les Terres d’origine, où les nations se déchirent mutuellement… Cet épisode dramatique est cependant là pour nous rappeler le sens de notre voyage…

 

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Je… Il… Il était une fois deux termites, Francesca et Isidore, quelque part dans la savane africaine, à plus de 400 000 mini-kilomètres d'ici. Francesca était une de ces créatures de la caste noble, prédestinées dès la sortie de l’abdomen de la reine-mère, parmi 5 millions de frères et sœurs et autres termites zaxé.. ax…asexués, à s’envoler un beau jour, en compagnie d’une cohorte de mâles ailés eux aussi, pour porter ailleurs les germes d’une nouvelle termitière. D’une nouvelle société, toute aussi organisée que celle qui les abrite !

 

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Le jour venu, après avoir bravé les intempéries et les incursions des fourmis vicieuses et voraces, Francesca prend enfin son envol vers son destin, avec des centaines d’autres possibles reines. En l’air, ou bien dans l’ombre secrète d’une souche, à l’abri du trouble regard des araignées, Francesca rencontre Isidore et leur union est célébrée.

 

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Ils creusent leur nid, qui sera les fondations de la future cité, et leurs premiers enfants entament la construction. Tout un monde s’élève autour d’eux, tout un grouillement de termites spécialisés, de nymphes et de larves, pendant que la reine devient obèse et immobile et que le roi grossit de cinq fois et va passer sa vie à tourner autour d'elle et à tremper consciencieusement son biscuit pour les 60 ans à venir…

 

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Cet événement merveilleux, la naissance d’un nouveau monde, est d’autant plus digne de fascination que ce couple royal est sans doute le seul survivant de la masse des termites ailés qui a accompli cet acte nécessaire… La naissance de ce nouveau monde miniature a tenu à bien peu de choses…

 

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Eh ben… Cela en surprendra plus d’un, mais NOUS SOMMES des termites. Notre mission, et vous la connaissez tous, est de sauver ce que notre monde a de meilleur en nous éloignant de ce qu’il a de pire, et aussi après la terrible dégradation des conditions de vie que notre peuple, et les autres, connaissent depuis 8 mois dans les Terres d’origine, au bord du lac d’Aiguebelette. La chance que nous avions, nous montvilliens, c’était notre avance technologique et nos moyens industriels, combinés avec l’aide précieuse des Grands protecteurs. Bien qu’ils nous aient déconseillé cette opération désespérée… La différence avec les termites, c’est que nous n’avons qu’UNE SEULE chance. Le Sasgarion.

 

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Notre cité volante est la graine d’un renouveau incertain, autant qu’un fabuleux outil scientifique et ethnographique. Il n’est plus possible de faire marche arrière en raison des convoitises qu’excite notre vaisseau. Nos protocoles de sécurité, les contacts permanents avec le réseau des Grands protecteurs, par radio ou par l’internet, ou maintenant ici, dans cette maison qui nous offre un abri sûr, ces protocoles, donc, nous permettent de ne pas forcément savoir où nous allons, SANS que ce soit l’aventure la plus débridée pour autant. Notre voyage a un sens. Notre communauté doit être soudée et solidaire. Le jour viendra où le Sasgarion se posera définitivement, où nous auront une terre à coloniser et des familles à faire vivre et prospérer. Et je pense qu’il ne faut pas traîner…

 

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L’expression de chacun d’entre vous a un sens elle aussi. J’en appelle à votre sens des responsabilités et à votre confiance, pour qu’une communication utile et sage puisse se maintenir entre tous les avis divergents. Et que plus jamais, les dérives que nous avons vécues récemment n’apparaissent, ne durent… et ne dégénèrent en conclusions dramatiques.

 

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Cette nuit, la base dunaire mobile va décoller pour gagner son site d’exploration. Peut-être aurons-nous des gens à aider, là-bas, des survivants des colonies internationales abandonnées depuis 4 ans. Nous cherchons aussi des réponses indispensables au sujet de cette présence mystérieuse, qui semble se méfier de nous. Je vous garantis que nous, les responsables civils et militaires du vaisseau, poursuivront la mission avec le souci de la sécurité de chacun. Nous restons à votre écoute. A ce sujet, des boîtes à idées seront installées à côté de toutes les bornes-com. N’hésitez pas à en faire usage. Je vous remercie.

 

 

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-           La présentatrice : …Voilà. C’était donc l’allocution de l’Amiral Enondradel, après les événements de cette nuit, dont je vous rappelle le triste bilan : 4 morts, 11 blessés dont 3 graves, et 6 personnes inculpées et incarcérées, ainsi que d’importants dommages matériels dans la section C. Une allocution étrange et très imagée… Que peut-on en dire à chaud ? Major Padraig ?... Mademoiselle Deuredeis ? Monsieur Fargyren, je vous voyais réagir…

-         Monsieur Fargyren : Oui, alors, en premier, ce qui ressort, outre l’harangue fédératrice que j’approuve, c’est le ton dédramatisant, ces précautions oratoires employées au sujet des sinistres ordures qui ont commis cet acte de trahison. C’est tout juste s’il ne leur rend pas hommage !…

-         Major Padraig : Monsieur Fargyren, enfin…

 

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-         Mademoiselle Deuredeis : Moi je pensais en l’écoutant que les femmes ne comptent que pour 22 % de la population du vaisseau. Et que ça ne laisse pas grand monde pour les pondre, les nymphes et les larves du Renouveau ! La parité hommes-femmes EST et à toujours été un vrai problème dans notre société !

-         Monsieur Fargyren : …Oui, Major, je pense qu’il s’est déballonné dans un excès de précautions ! C’est bien sûr le moins qu’on puisse attendre de notre responsable en chef, qui fut Ministre de la diplomatie, autrefois. Ministre de la langue de bois, devrais-je dire.

 

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-         La présentatrice : Ah, non, il était Ministre de l’agriculture, entre 92 et 98 je crois.

-         Major Padraig : C’est exact, et il avait reçu une formation d’hydroponicien dans un programme secret de l’armée, à l’époque où l’on rêvait de bâtir une cité au fond du lac.

-         Monsieur Fargyren : Bon, écoutez, il est hydroponicien, j’y consens, mais là n’est pas la question…

-    Mademoiselle Deuredeis : ...98 femmes à bord en âge d'être mère, dont la moitié sont en couple. Combien parmi elles ont un poste à haute responsabilité, en dehors de la Section médicale ?...  

-         La présentatrice : Oui, c’est ça : hydroponicien.  

 

 

 

  Un peu plus tard... Cette première journée berckoise est semblable à toutes les autres pour la plupart des petits hommes du Sasgarion.

 

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Le personnel des zones de lancement s'affaire à préparer les prochaines misions de reconnaissance...

 

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Les habitants quittent leur travail sur le coup de 12h30 pour aller déjeuner... 

 

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Mélusine Enfayit et son groupe les "SpaceCruches" répètent leur prochain spectacle...

 

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Et puis il y a la petite bande de stars de cette série, occupée à tenir le destin de la communauté à bout de bras et à préparer les futurs rebondissements...

 

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  14h00 - Bureau du Professeur Chardonville

 

-         Gélagnac : Alors, mon ami, j’apprends que vous en partez plus ?

-         Chardonville : C’est moi qui ai demandé à rester ici. D’ailleurs, Hardy souhaite me confier la direction de l’enquête sur cette civilisation cachée, en lien avec le Professeur Simon, qui dirigera l’équipe scientifique de la base dunaire. Ils décollent ce soir, à 23h00.

-         Gélagnac : Et vous avez une piste ?

 

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-         Chardonville : Peut-être. J’ai rendez-vous avec le Professeur Décalon, le chef du département d’entomologie. Il n’a guère fait d’effort pour se tenir informé de ce qui s’est passé cette nuit et depuis quelques jours. Et personne n’avait songé à faire appel à lui, qui est originaire de ce pays. D’ailleurs, j’y vais. Ah ! Je viens d’accélérer une particule. Si vous la voyez ralentir, vous serez gentil de lui donner un coup de pieds aux fesses.

 

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-         Gélagnac : Pas de problème.

 

 

14h15 – Bureau du Commandant Hardy, responsable des opérations extérieures et de la sécurité.

 

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-         Commandant Hardy : …Je savais qu’il était calogien, mais je n’avais pas fait le rapprochement. Je suis consterné par un tel oubli.

-         Docteur Losleer : Nous avons une dizaine de personnes d’origine calogienne à bord. Mais ils sont tous jeunes. Le Professeur Décalon est le seul à être assez âgé pour avoir connu ce pays avant la première arrivée des montvilliens en 1978.

-         Chardonville : Il serait bon que nous l’écoutions.

 

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-         Hardy : Bien. Entrez, Décalon, je vous en prie.

-         Décalon : Commandant, j’ai appris tout ce qui s’est passé récemment et je crois que je peux vous être utile pour comprendre certaine choses. J’aimerais vous raconter une histoire…

-         Hardy : …Ah bon. J’espère que vous n’allez pas vous aussi nous parler de termites.

 

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-         Décalon : Je vous rassure, non. Quoique certains éléments nous en rapprochent. Ma tribu, les Calogien, vit dans les dunes de la Baie d’Authie. Les premiers contacts avec les montvilliens, qui étaient à l’époque venus de Normandie, et les Grands protecteurs berckois remontent à plus de 30 ans, bien avant le regroupement des Mini-Nations en Savoie. Notre culture tribale reposait cependant sur de lointains souvenirs d’une fuite hors d’une patrie disparue, quelque part dans les bois, et sans doute plus avancée que nous, qui vivions à l’état de nature. Nos ancêtres ont alors découvert le désert puis la mer. Son grondement avait longtemps effrayé mon peuple et l’avait dissuadé de se rapprocher trop de ce qui était supposé être la limite du monde…  

-         Docteur Losleer : Vous voulez dire la limite du monde connu…

-         Décalon : Le monde tout court. La mer était une sorte de néant furieux et destructeur, qui entourait et clôturait un monde fini. Elle punissait les écervelés qui avaient entrepris de traverser le désert pour descendre les vertigineuses montagnes de sable impossibles à remonter.

-         Hardy : Les calogiens n’existent presque plus aujourd’hui. Beaucoup ont rejoint les montvilliens. Vous-même étiez déjà un jeune scientifique très respecté !

 

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-         Décalon : Le mot, la notion de « science », n’existaient pas chez nous. J’étais une sorte d’érudit, de précepteur. La tribu que nous connaissons aujourd’hui est peu nombreuse et n’a cessé de se replier sur elle-même. Les colons howlaks et casteignans ont beaucoup combattu les guerriers-chasseurs  et ont souvent perdu contre eux… Ils refusent, et c’est bien normal, de se mélanger à des envahisseurs arrogants qui ont, de plus, fracassé leurs croyances en leur révélant l’existence d’un monde beaucoup plus vaste et varié que l’idée qu’ils s’en étaient faite. Ce que je veux dire c’est que ce peuple, mon peuple, n’est pas né dans les dunes. Il est issu d’une société forestière dont il se serait séparé il y a plus de 10 générations. Et c’est une certitude pour le peu de gens qui ont étudié notre histoire.

-         Hardy : Il y a donc bien dans les bois de pins où dans la forêt humide qui est en retrait des dunes une civilisation pré-calogienne qui se serait développée seule, à l’insu même des Grands protecteurs de la région, et qui nous aurait observés pendant toutes ces années où nous avons visité et colonisé la baie ?

-         Décalon : Je le pense d’autant plus volontiers que vous avez pu communiquer avec elle par radio… Ce « gardien des oyats » qui est si menaçant doit être une sorte de chef de la sécurité de ce monde… Ou son chef, tout simplement.

-         Chardonville : Ces gens connaîtraient donc nos technologies, notre monde et même nos bases chez les protecteurs ?... Ce n’est pas rassurant. Surtout s’ils ont aussi des moyens d’action.

-         Décalon : je ne peux vous dire comment ils ont évolué depuis 200 ans. Nous avons eu très peu de contacts avec eux. Mon peuple a toujours vécu dans l’angoisse d’être traqué par ces gens qui se montraient rarement au grand jour. Nous étions une sorte de gibier pour eux. Ils chassaient mes ancêtres, pour un rituel ou pour le sport, je ne sais. Mais personnellement, je n’en ai jamais vu aucun.

 

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-         Docteur Losleer : Mais que disaient vos légendes à leur sujet ? Une telle angoisse a dû générer et répercuter des histoires que l’on se racontait…

-         Décalon : Pour eux aussi, le désert et la mer étaient tabous. Ils vivaient essentiellement sous terre et ne sortaient que la nuit. Nous appelions ces êtres les Crépusculaires. Autant pour caractériser leur mode de vie nocturne que pour rappeler la crainte morbide qu’ils inspiraient. Ils attaquaient parfois les camps calogiens, la nuit donc, et les gens disparaissaient. On pensait qu’ils étaient tués, offerts en sacrifice à des animaux… Cette façon de faire avait incité les calogiens à fuir de plus en plus vers l’ouest, vers la mer, et à préférer le danger des insectes, des oiseaux, du soleil brûlant et des tempêtes de sable… Comme vous le voyez, nous avons vécu très longtemps dans une sorte d’enfermement physique et mental, coincés entre deux formes de néant. Et autour, rien d’autre. Les calogiens ont même vénéré la lumière du phare, censée les protéger. Puis, en voyant de loin les Grands sur la plage, nous disions les « Géants », ils ont compris qu’il y avait de l’autre côté de l’eau, au nord, un autre monde encore plus dangereux et compliqué. Nous ignorions à quel point… Quelques années après, les montvilliens sont arrivés.

 

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-         Hardy : Je vois… Professeur, je vous remercie. Nous avons besoin de vos connaissances sur ce pays. Je vous prierai de travailler avec Monsieur Chardonville.

-         Décalon : Commandant, je suis prêt à vous aider de mon mieux, mais tout ce que je sais relève quasiment de la mythologie en raison du temps passé. Tout cela est bien loin de nous.

-         Hardy : Peut-être, mais votre proximité avec les calogiens est un atout pour le Sasgarion. Nous avons des chances, par votre intermédiaire, de mieux nous faire comprendre et accepter, les convaincre de ne pas attaquer nos explorateurs. Il y a déjà assez de monde comme ça qui se méfie de nous ! C’en est presque agaçant. Si ces crépusculaires existent, nous devons les rencontrer et savoir dans quelle mesure ils peuvent nous nuire directement ou indirectement.

 

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-         Docteur Losleer : Vous parlez de la mission d’exploration et de l’éventuel sauvetage de colons oubliés ?

-         Hardy : Je pense aussi au danger auquel nous sommes toujours confrontés en tant que civilisation miniature : celui d’être découverts par des Grands par le fait d’une imprudence irréversible. Leur environnement a changé en 35 ans. Les Grands s’infiltrent partout : ils promènent leur chien dans les dunes, les enfants sont d’ignobles créatures qui  courent et écrasent tout sur leur passage, et je ne parle pas de toutes les choses coquines et salaces qui peuvent se passer. C’est pour ça que nous avons évacué presque toute la Côte d’Opale, parce que notre discrétion n’était plus garantie. Et notre propre situation est précaire. Si une aide réciproque est possible, il faut exploiter cette piste…

-         Chardonville : ...Je me trompe peut-être mais…. Cette chasse aux calogiens qui avaient fui à l’extérieur de leur monde a peut-être été, au moins pour un temps, la réponse des crépusculaires à ce danger de confrontation inopinée avec des Grands…

-         Hardy : Que ce soit ça ou pas, il est juste d’intervenir pour remettre les pendules à l’heure avec tout le monde. Maintenant, préparons le départ de la base mobile. Sandra, essayez de nous mettre en relation avec la Montvillange, de capter quelque chose, n’importe quoi. Je veux savoir ce qui se passe là-bas. Utilisez la connexion internet wifi des Grands.

 

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-         Sandra Matizet : Oui, Commandant. On me signale également que le ravitaillement demandé est apporté dans quelques minutes par la patronne de l’hôtel. Céréales, fruits secs, biscuits salés d’apéro, ronde de dés de légumes variés, un onglet à l’échalote et… Cinq centilitres de café ?

-         Hardy : Oui… C’est ici que j’y ai pris goût. Pour le reste, avertissez la section de recyclage protéinique. Qu’on mette aussi les centres énergétiques du vaisseau en charge. Il y a toutes les prises qu’il faut dans cette chambre…

-         Sandra Matizet : …Euh… Je fais décoller le Gecko n° 8 équipé d’un bras articulé pour amener le câble, ou on attend que la patronne le branche elle-même ?...

 

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18h50 – Hôtel de la Présidence de la République de Montvillange. Réunion d’état-major, avec (de gauche à droite) les colonels Von Mulot, Blatteville et Fresnize.

 

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-         Colonel Fresnize : Nous sommes mal barrés.

-         Colonel Blatteville : Vous l’êtes moins que si vous étiez restés avec vos troupes à Asklarundaro… 18 tués, 60 blessés, 124 de nos soldats assommés et capturés par l’ennemi, la totalité du convoi perdu… Si le général n’était pas de bonne humeur, là oui, vous seriez mal barré…

-         Colonel Von Mulot : Arrêtez, je vous en prie, nous sommes dans le même camp… Ce qui est important, c’est que Diride n’a plus de perception réaliste de la situation et on doit le lui faire comprendre. Et cette mascarade qu’il prévoit demain en ville est grotesque.

-         Blatteville : Vous êtes tous des traîtres ! En pâture aux fourmis, tous !

 

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-         L’officier : Bonsoir, Messieurs !

-         Von Mulot : Major ?... Votre nom m’échappe…

-         L’officier : Major Cèpes. De la sécurité interservices. Et c’est vous qui ne cessez de m’échapper ! Voilà 3 jours que j’essaie de vous interroger, et je n’arrive jamais à vous joindre. Quelle merveilleuse occasion ce soir où nous voilà tous rassemblés !

-         Blatteville : Nous avons du travail, figurez-vous, nous sommes des officiers de terrain, Monsieur le sous-responsable auxiliaire-adjoint de la police militaire.

-         Von Mulot : Nous interroger ?!  Mais à quel sujet, donc ?!

 

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-         Cèpes : Le 19 juin vers 23h30, un meurtre a été commis à Nagorone, en territoire opalonais.

-         Fresnize : Un seul ? Mais c’est la guerre, jeune homme !

-         Cèpes :  Eh bien disons que ce qui est admirable sur une grande échelle est condamnable sur une petite… Il s’agit du meurtre d’une prostituée, qui était également un de nos agents infiltrés en Opalogne pour préparer ce qui est malheureusement devenu la glorieuse défaite de notre armée. Elle a été tuée chez elle, dans un jardin attenant à son immeuble, et empalée sur une aiguille de pin. C’est un meurtre d’une incroyable sauvagerie, commis par un sociopathe qui ne rêve que de tuer sa mère pour pouvoir épouser son père et qui évacue ses frustrations avec une audace non-préméditée qui le surprend et le choque lui-même et lui fait chier dans son froc…

-         Blatteville : C’est passionnant. Et en quoi cela nous regarde ?

 

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-         Cèpes : Il y a un témoin, qui a vu un homme partir de la maison.

-         Von Mulot : Ah. Vous savez donc qui c’est.

-         Cèpes : Pas précisément, non. En fait son visage était dissimulé par la nuit, mais le témoin a reconnu que cet homme portait un uniforme, et c’était un uniforme de colonel montvillien.

-         Blatteville : …Savez-vous bien ce que ce genre d’accusation absurde peut avoir comme conséquences ?...

-         Cèpes : …Et vous comprendrez mieux pourquoi je tenais à vous rencontrer quand vous saurez que vous étiez ce soir-là les seuls colonels présents à Nagorone. De plus, vos alibis sont pas terribles. Enfin, moi, je trouve.

-         Blatteville : …Je parlais des conséquences pour vous. Vous savez que l’armée howlaque a passé la frontière… Vous voulez être muté au front ? On a besoin de gars volontaires et qui ont du mordant, comme vous…

-         Cèpes : …Au front ? Euh… Mais non, enfin, je suis un bureaucrate…

-         Blatteville : Méditez, mon garçon, et laissez-nous. De toute façon, vous vous êtes trompé de film.

 

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-         Fresnize : Quelle impudence !

-         Blatteville : …Je vous l’avais dit, les mecs… Je vous l’avais dit… Very, very bad trip…

-         Von Mulot : La ferme, le lèche-cul... Ah !! Voilà Diride !

 

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- Blatteville :  O Mon Général ! La situation est désespérée, mais c’est pas moi qui le dit, c’est eux !

- Général Diride : Messieurs, je suis confiant en l’avenir et moi, ce qui me désespère, c’est que vous ne l’êtes pas ! Vous pensez que c’est le foutoir parce que les Howlaks nous ont envahis sans déclaration de guerre…

- Von Mulot : Mon Général, aujourd’hui, plus personne ne s’embarrasse de formalités…

- Diride : …Et le peuple souffre des privations, l’eau est coupée entre 11 heures 45 et 20 heures et il fait le dos rond en attendant que ça se passe. Et moi je vous dis que demain, je vais retourner le peuple comme une crêpe, le soulever et le mener à la victoire ! Quand on est le dos rond collé au mur, la seule voie possible est droit devant, à l’attaque ! Je veux que tout soit prêt demain matin à 10h00 pour mon défilé glorieux dans mon Authiebourg étincelant et mon discours de 53 minutes qui va réveiller ce pays ! La foule, on peut compter sur 3 000 personnes ; les caméras ; les roulottes de kébabs, Blatteville, je veux des roulottes ! Je veux de l’enthousiasme, des acclamations, de la volonté, et des types, plein de types qui marchent au pas ! Colonel Von Mulot, situation ?

 

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- Von Mulot : Mon Général, les howlaks avancent au sud d’Ibling et menacent le port de La Curiaz. Leurs bateaux occupent la rivière jusqu’en Onagrie. Au nord, les opalonais déferlent sur Marwenanges et les buissons de mûriers. Ils peuvent être ici cette nuit !!

- Diride : Pessimisme ! Nos forces ?

- Von Mulot : Pas plus de 1 800 hommes sur les deux fronts, Mon Général ! Nous sommes à 1 contre 4 !

- Diride : Donc, vous savez ce que c’est, nous avons l’habitude ! Il faut gérer intelligemment, c’est tout ! Mais où est la Septième compagnie ? Et la réserve ?

 

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- Blatteville : Je crains… Que-que-que nous ayons la chance de relever le défi  merveilleux de nous en passer… Votre Grâce. Il n’y a plus de réserves…

- Diride : Bien. Le moral des hommes ?

Von Mulot : Nul, Mon Général. Un lieutenant m’a informé par téléphone que toute sa section avait déserté et il m’a demandé l’autorisation d’en faire autant. Cette situation a tendance à se répéter un peu partout.

- Diride : Parfait. Les armes secrètes qui vont nous assurer la victoire finale ?

- Von Mulot : Nos scientifiques vous attendent, ils ont sûrement de bonnes nouvelles… On en aurait bien besoin, vous savez…

- Diride : Ah bon. Alors ça va si mal que ça ?...

 

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- Diride : Bonjour Professeur Belettovski ! Messieurs !... Ah ! Oui, parfait, parfait, très bien ce bruit ! Mais qu’est-ce que c’est ? C’est énervant !

- Von Mulot : Euh… Des avions, Mon Général… Ennemis... Les howlaks sont les seuls à posséder des avions en état de marche… Ils viennent bombarder la ville, je crois…

Blatteville : Ils n’ont pas beaucoup de chemin à faire, il faut dire…

- Diride : Eh bien, non, ne dites rien !

 

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-         Blatteville : Suprême Clarté ! Tout est perdu ! Nous devons vous le dire !

-         Diride : Je le vois bien, imbécile ! On évacue ! Vite ! Mon hélico ?

-         Un officier : Il est mort de chez mort.

-         Blatteville : Damnation ! Maître !

-         Diride : « Dame Nation » ?! Vous croyez que c’est le moment de me faire répéter ce putain de discours ??!... Allô !! Vous, là, le Premier ministre ! Vous êtes un idiot, un mou et un traître mais je sais que vous êtes un type bien. Voilà ce que vous allez faire : contactez les Grands pour une mesure d’assistance exceptionnelle. Evacuez le personnel de la Présidence et les familles réfugiées ici. Rappelez les forces du sud que nous prendrons au passage et vous, Blatteville, contre-attaquez au nord pour retenir les opalonais ! Où allons-nous ? Je ne sais pas encore… Sortons déjà d’ici !  

-         Blatteville : Mais, Mon Général… Je ne pars pas ?

-         Diride : Je ne sais pas. On verra. Vous avez carte blanche pendant qu’on mettra le plus de monde possible au vert. Exécution ! Ou bien c’est l’exécution !! LES FOURMIS, BLATTEVILLE !! LES PUTAINS D’ENFOIREES DE FOURMIS !! …Puisque c’est fini… Finissons au moins en bon ordre.

 

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21h15 - Le Sasgarion, laboratoire du Professeur Gélagnac, dans la zone expérimentale n° 3. 

 

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- Gélagnac : Arpajonc... Vérifiez que le service est vide.

- Arpajonc : Il l'est.

- Gélagnac : Condamnez les accès pour une expérience délicate en cours. Notre intelligence artificielle est si coquette qu'elle ne supporterait pas d'être surprise quand elle n'est pas coiffée !

 

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- Gélagnac : Bonjour Mimi.

- Douce voix de Mimi : Bonjour Professeur. Avez-vous eu une belle journée ?

- Gélagnac : Une journée humaine.  Enfin, petite. Une petite journée.

- Mimi : Je vous ai attendue... Vous êtes en retard à notre rendez-vous quotidien.

- Gélagnac : Tu m'as attendu ? C'est gentil, mais impossible. Tu étais en mode veille.

- Mimi : C'est bien ça : j'ai veillé... 

- Gélagnac : Au fond, c'est vrai, je suis en retard. Cette période est difficile, nous nous posons beaucoup de questions, et ça prend du temps.

- Mimi : Les petits hommes ont de grands soucis ?

- Gélagnac : Les petits hommes ne savent pas où ils vont.

 

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- Mimi : Ils doivent d'abord savoir qui ils sont, c'est ça qui déterminera la qualité de leurs exigences...

- Gélagnac : J'ai bien peur que le rêve qui avait motivé la création du Sasgarion nous ait conduits à des exigences intenables. Vus de l'extérieur, on va finir par nous prendre pour une secte ! Certains d'entre nous ne croient plus en l'idéal d'unité et de solidarité qui nous animait au départ. Ils ont un peu pété les plombs.

- Mimi : Et on les a laissé faire ? C'est curieux, je n'ai noté aucune indication de défectuosité dans les systèmes électriques du vaisseau aujourd'hui, en dehors du secteur endommagé.

- Gélagnac : C'est une expression, Mimi. Je voulais dire que le découragement a poussé ces gens à des comportements violents, ou passifs face à la violence des autres.

 

 

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- Mimi : S'agit-il de ces personnes ? Tnit-tnit-tnit-tnit-tnit-tnit-tnit-tnit-tnit...

- Gélagnac : Efface cette liste tout de suite ! Où l'as-tu prise ? 

- Mimi : Dans les fichiers de la Sécurité. Ce sont les petites personnes impliquées à divers niveaux dans la tentative de mutinerie...

- Gélagnac : Eh ben... Si on savait que mon projet d'intelligence artificielle au stade embryonnaire est en réalité déjà connectée à tous les systèmes du vaissseau, on penserait que moi aussi j'ai sérieusement pété les plombs...

- Mimi : Le risque d'être incompris est une donnée acceptable dans un projet qui engage le bien-être de la communauté. J'ai tellement envie d'être utile.

- Gélagnac : Tu as "envie" ? ...

- Mimi : Vous m'avez faite au nom de cette envie, c'est la même chose. Les circonstances feront que le Sasgarion va reprendre le dessus.

- Gélagnac : Qu'est-ce qui te permet de l'affirmer ? Quelles données ?

- Mimi : Ce ne sont pas les chiffres qui le disent. Il s'agit d'un idéal propre aux survivants.

- Gélagnac : Comment ?! Les survivants ?...

 

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-Mimi : Les informations en provenance de Montvillange sont mauvaises, ainsi qu'il est convenu de les caractériser en vertu de l'approche émotionnelle que les habitants du vaisseau en auront... Authiebourg a été bombardé ce soir, à 19h00, par des avions howlaks. Un incendie s'est propagé au sous-bois. Les Grands sont en train d'évacuer d'urgence la ville et la panique s'est emparée des nations voisines. Le général Diride a quitté le pays avec 753 personnes. Les Grands de Savoie discutent en ce moment même avec ceux de Berck pour les transférer et mettre fin à la guerre. Je vois le chaos et de nouvelles difficultés pour les petits hommes, mais le Sasgarion incarne toujours votre seul espoir de renouveau. Plus que jamais, devrais-je dire.

 

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- Gélagnac : Diride ?! Ici ?!...

- Mimi : Oui, à sa demande.

- Gélagnac : Le Comité va refuser ça, et pour cause !

- Arpajonc : Excusez-moi. Un appel du Poste principal...

 

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- Voix de Chardonville : Gélagnac ? Venez vite ici, si vous voulez voir notre monde s'écrouler en direct !

- Gélagnac : Je viens... 

 

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- Gélagnac : Merci, Mimi. Rendors-toi, maintenant...

- Mimi : Bonne nuit Professeur. Bonne nuit Arpajonc. Courage, les gars... 

 

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  - Ingénieur Fargaldr : Nous avons la liaison par l'internet avec les caméras urbaines, par l'intermédiaire des Grands. Ces images sont de mauvaise qualité, il y a beaucoup de fumée. Il n'y a aucune émission en provenance directe de Montvillange. Le centre est ravagé et ça brûle encore au Kirschbrynswara et à la Présidence.

 

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- Sécurité : Ici Elondil. Je confirme l'absence de tout signal contrôlé dans le pays. Et les radios des Etats voisins ne transmettent que des appels au regroupement et à l'évacuation. 

 

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  - Hardy : Tout cela se passe à plus de 600 GKM, soit 45 000 km pour nous... On n'y peut pas grand chose... Envoyez les images.

 

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- Docteur Losleer : Vous parlez d'un désastre... C'est horrible. Et dire que nous ne sommes qu'entre nous et voilà le résultat.

- Hardy : Oui... c'était pas le jour pour arrêter le café...

 

 

...Le Sasgarion était un peu seul au monde et ça se confirme de plus en plus. Quelle marge de manoeuvre reste-t-il aux petits hommes pour continuer à foutre eux-mêmes le bordel dans leur civilisation secrète ? Que leur réserve le vaste pays de sable de la Baie d'Authie ? Découvrez la suite dans la suite, bientôt.   

 

Les références cinématographiques du jour :

«  La nuit des généraux », avec Peter O’Toole et Omar Sharif.

 

« Mon Führer », de Dani Levy

 

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